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BERLINALE 2009

IN THE ELECTRIC MIST / DANS LA BRUME ÉLECTRIQUE

de Bertrand Tavernier
Par Nicolas VILLODRE

Manque pas grand’ chose pour que ce soit un excellent film. Ou, au moins, un thriller consistant. Le titre se justifie d’emblée, avec un travelling, de jardin à cour, sur le fleuve Mississipi embrumé, s’achevant sur le cadavre – pas vraiment exquis, mais emballé, c’est pesé – d’une jeune femme, bonne pour l’équarrisseur de la morgue. L’enquête et le film démarrent donc en parfaite synchronie.



La voix-off, épaisse, à l’imparfait, de Tommy Lee Jones rappelle celle des pulps chandleriens portés à l’écran par des tâcherons plus ou moins en forme – Wilder, Dmytryk, Marshall, Hawks, Montgomery, Hitchcock.

Mais, très vite, on déchante. Pas seulement sur le mode mineur du blues – le jazz, dont Tavernier est, paraît-il, friand, est ici à peine esquissé, et c’est bien dommage ! Tout est un peu trop propret, carré, lissé. Les Noirs sont positifs – peu sont bons à rien, si ce n’est le mac recrutant ses poules du côté de la gare centrale. Les Blancs sont tous plus ou moins douteux. Et, a priori, suspects.

On aurait aimé en avoir moins, en termes de durée du métrage et plus, ou pour son argent, si l’on veut, en termes de musique – un des témoins gratouille trois notes à la guitare sèche sur sa véranda, avant de se lancer sur une interminable tirade, sans en pousser une, de ces fameuses chansonnettes tristes – et en termes de suspense.

Malgré les noms propres, tous en vieux français, la langue parlée est anglaise.

Le flash-back récurrent d’un nègre abattu dans sa course par un coup de fusil rythme le récit.

Le détective au régime sec – les alcooliques anonymes du film ne carburent qu’au Dr Pepper – cherche des poux à un mafieux obèse plus ou moins vicelard, également à la diète et côtoie un général sudiste de la Guerre de Sécession fantasmé, John Bell Hood, mort et enterré en 1879 à New Orleans.

Le film n’est pas assez glauque à notre avis, pas assez polanskien ou même peckinpahien.

Tavernier n’a pu s’empêcher de faire, comme tout un chacun, allusion à Katrina – cyclone qui a tout balayé sur son passage mais qui a aussi, avec l’aide de Kaherine Dunham, Duke Ellington, Josephine Baker, Alvin Ailey, Martin Luther King et James Brown, paradoxalement contribué à l’élection de Mr Obama.






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