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BERLINALE 2009

CHÉRI

de Stephen Frears
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : Dans le Paris du début du XXème siècle, Léa de Lonval finit une carrière heureuse de courtisane aisée en s’autorisant une liaison avec le fils d’une ancienne consoeur et rivale, le jeune Fred Peloux, surnommé Chéri.



Indiscutablement le meilleur film de la 59e Berlinale. Pas un chef d’œuvre, malheureusement il n’y en a pas eu, mais une excellente adaptation du roman éponyme de Colette. Dès le générique, composé d’une accumulation de cartes postales des plus fameuses courtisanes – ou « horizontales » – de ce bon vieux temps au tournant de 1900, qui n’a pas pour rien été qualifié de « Belle Époque », le cinéaste britannique quoique francophile, qui avait parfaitement rendu le bon esprit des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos (avec, déjà à son crédit, faut-il le rappeler ? Miss Pfeiffer, vingt ans plus tôt), dès le début donc, on est dans le vif du sujet – l’amour et ses contradictions apparentes ou réelles, ses feintes, ses stratagèmes, ses inconséquences, ses profondes blessures, ses meurtrissures.

La demi-mondaine Nounoune, pratiquement en fin de carrière, s’attache de façon il faut bien dire un peu incestueuse au beau Chéri de ces dames (la lorette parle ainsi du jeune homme : « Je ne peux critiquer son caractère car il n’en a pas. »), au moment où celui-ci semble opter pour le mariage avec une jeune bourgeoise, il faut dire, convenablement dotée – un million et demi d’alors. Ce qui, dans les deux cas, pourrait s’envisager purement et simplement sous l’angle de la retraite dorée, et bien méritée, de deux professionnels de la profession, ou du plus vieil art au monde, s’avère être au contraire un événement dramatique, déchirant, voire tragique.

Le sentiment d’absence ou d’abandon, de l’un par l’autre, exacerbe le désir et finit par rendre les deux protagonistes irraisonnables,