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BERLINALE 2009

HAPPY TEARS

de Mitchell Lichtenstein
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : Une femme rentre chez elle dans le Wisconsin pour aider sa soeur à s’occuper de son père qui souffre d’une forme rare de démence.



N’ayant pas (systématiquement) eu le courage d’affronter l’aube glaciale pour assister aux projections de 9h du mat’ à l’autre bout de la ville – à Berlin, les distances sont telles que l’on se trouve toujours, comme de bien entendu, loin du lieu où l’on doit se rendre, sans parler de celles qui séparent deux stations de U ou de S-Bahn, voire deux arrêts de bus –, nous avons raté les deux, paraît-il, excellents films récompensés par le jury, La Teta asustada et Gigante. Ne pourrait-on pas programmer les bonnes choses à une heure plus décente ? Car, en revanche, nous n’avons pas manqué de navets à toutes les autres séances.

Et Happy Tears, malheureusement, faisait partie du lot de rutabagas qui atterrissent dans ce genre de festivals sans qu’on sache vraiment pourquoi. Parce qu’on, le pseudo-programmateur de la sélection officielle, confond sans doute navetons et films « indépendants ». Ou l’inverse : on pense que du moment que le film n’a coûté que quelques millions d’euros au lieu de quelques milliards, il est forcément intéressant et/ou qu’il convient de le « défendre »...

Mais y a-t-il vraiment un sélectionneur dans l’avion du vol LA-Berlin ? Car, manifestement, il y a eu vol. Vol ou, en tout cas, dol sur la marchandise. On, sans doute le « sélectionneur » également – mais ce dernier a dû s’endormir à la diffusion du film ou du DVD –, a été dupé. Car on nous vend comme tête d’affiche sur les colonnes Morris Miss 0,5 Moore et, à la place, on a une quadra, Parker Posey, adepte du bistouri, qui se fait passer pour une post-ado attardée, qui plus est occupe tout l’espace du film, qui mouline à tour de bras, comme les acteurs de série B ou de téléfilms US et qui s’avère être la vraie vedette véritable de la chose.

Le crédit dont disposait Miss ½ Moore au générique de ce film nave et nase part en fumée dès les premières images.

Qu’une star dont on espérait le come back ou au moins la résurrection en soit réduite à jouer les demi-vedettes, les seconds rôles, les utilités sans trop se fouler ou chercher à faire « bonne figure », comme si elle se trouvait dans cette galère par hasard, en dit long sur la cruauté du métier en Californie. Qu’elle et son agent, si elle en a un, ils en ont tous là-bas, accepte par contrat de torcher le cul de son paternel dans le film en dit long sur l’état du 7e art en Américanie. Il y a comme un malaise.

La thématique merdique – est-ce un hasard ? – était d’ailleurs aussi récurrente que l’Ajax WC, dans cette Berlinale. On a encore en tête celle de Sergi Lopez nettoyant gentiment les fesses de son charmant bambin dans Ricky et la séquence du film de Costa où le héros débouche la cuvette des chiottes d’un bungalow de touristes en plongeant tout simplement le bras dans la matière fécale.

Qui peut vraiment s’intéresser à la vie sans aspérité, sans souci véritable, que ce soit de cœur ou d’argent, de deux sœurettes tenant la jambe à leur vieux géniteur sénile retiré dans sa maisonnette proprette de Pennsylvanie ?

Le plus grave étant, selon nous, qu’accompagné de sa Martin acoustique, le barbichu gaga et incontinent massacre joyeusement, sans scrupule ni complexe ni vergogne, le magnifique blues de Muddy Waters, « I am a King Bee » ?






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Réalisé par : Mitchell Lichtenstein
Avec : Demi Moore, Parker Posey, Ellen Barkin
Genre : Drame
Année de production : 2008