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DVD

LE PENSIONNAT

De Songyos Sugmakanan
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : En Thaïlande, Tôn Ananpitisik (Charlie Trairat), jeune garçon solitaire, est envoyé en pension au milieu de l’année scolaire. Des événements étranges révèlent que ce pensionnat est hanté, depuis la noyade d’un élève dix ans auparavant. Tôn rencontre alors Wichien (Sirachuch Chienthaworn), un jeune garçon de son âge qui, comme lui, se sent différent. Rapidement, Tôn s’aperçoit que son nouvel ami n’existe pas aux yeux des autres…



POINT DE VUE

Avec Le Pensionnat, il ne faut pas s’attendre à une histoire d’épouvante truffée d’effets horrifiques, sur un lieu d’études hanté. Il tenait plutôt à cœur au réalisateur thaïlandais Songyos Sugmakanan de mettre en scène un récit initiatique s’inspirant de ses souvenirs en pension. Le film a d’ailleurs été tourné dans son ancienne école. Le scénario très long à l’origine, qui aurait pu aboutir à un film de trois heures, a été resserré pour en atteindre moins de deux. Il s’attache à décrire l’expérience d’un enfant d’environ treize ans, en conflit avec son père qui l’envoie en pension. Il doit alors faire face au fantastique, comme à d’autres problèmes moins surnaturels. Une des grandes réussites du long-métrage est de se distancer des clichés du nouvel élève martyrisé en pension par ses camarades et par des professeurs revêches. Ce qui intéresse le cinéaste, dont les précédentes œuvres témoignent d’une prédilection pour l’univers de l’enfance, c’est le relationnel entre les êtres humains. Le fantôme représenté dans Le Pensionnat n’a rien perdu de son humanité, bien au contraire. Sorte de Casper thaïlandais, sa présence aidera Tôn à évoluer, à grandir en se sortant de sa bulle pour se soucier des autres.

Dans une scène déterminante, Songyos Sugmakanan rend hommage au cinéma de genre, tout en faisant subtilement progresser son intrigue dans les contrées du fantastique. En effet, tous les pensionnaires assistent en plein air à la représentation d’un film mêlant horreur et comédie, montrant que les vampires asiatiques ne voient pas les vivants qui retiennent leur respiration. Par mimétisme avec les acteurs à l’écran, les élèves retiennent leur souffle et Tôn remarque alors le désarroi de son nouvel ami qui ne peut plus voir personne. Ledit film est censé être le fameux Mr. Vampire (Ricky Lau, 1985), mais plutôt que de risquer de perdre un temps précieux en négociant avec Hong-Kong, le réalisateur a préféré tourner quelques séquences très inspirées de l’œuvre de Ricky Lau.