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BERLINALE 2009

LE CINÉASTE EXPÉRIMENTAL

LUDWIG SCHÖNHERR
Par Nicolas VILLODRE

La sélection officielle de la Berlinale était tellement affligeante cette année que nous avons dû à deux reprises nous abriter dans les salles du Forum (ce Fort Chabrol s’appelle l’Arsenal et se trouve dans les sous-sols de la Cinémathèque et/ou du Café Billy Wilder) pour tenir le coup et nous ressourcer. Nous avons assisté à l’une des séances consacrées au pionnier du cinéma différent allemand des années soixante, Ludwig Schönherr, inconnu au bataillon jusqu’à aujourd’hui, découvert ou redécouvert grâce aux sélectionneurs du programme « Forum expanded ».



Hambourg inconnu, 1983-88, 60 minutes, réalisé en 16mm à l’aide d’une subvention de la ville de 24.000 DM, est un peu décevant. Trop long, mal fagoté, trop éloigné d’un quelconque sujet de préoccupation, trop à la surface et en même temps pas si plastique que cela.

On a vu les conséquences de la surindustrialisation d’une cité portuaire ou d’une ville-port, avec le trafic automobile, les périphériques, l’aéroport, la gare de triage, les tours de la centrale nucléaire, les navires à moitié rouillés, l’ex-paquebot France, à l’époque, le Norway, etc.

On a été récompensé par des plans de jolies femmes, toutes sauf exception (une plasticienne), danseuses du Ballet de Hambourg de John Neumeier. Ces inserts ont apporté un peu d’humanité dans un monde de brutes, un peu de chaleur dans la description sèche de ces paysages urbains.

Le film manque donc de structure ou de fil conducteur ou même ne serait-ce que d’un travail d’association d’idées ou d’images. Quand on pense à ce qu’un Joris Ivens aurait et a fait cinquante ans plus tôt ! à partir d’un tel matériau...

Zoom Doku, 1967-69, 18 minutes, filmé (et projeté !) en super 8 était bien plus intéressant à notre humble avis. À partir d’un idée simple, celle qui consiste à explorer les possibilités d’un nouveau zoom, en lisant d’abord la notice avant de s’écarter du bon usage préconisé (la techniquue n’ayant rien à voir avec l’art véritable !), Ludwig Schönherr a systématiquement, méthodiquement, en bon Allemand !, fait le tour de la question (100 coups de zoom en 18 minutes), avec des trouvailles visuelles formidables et en mélangeant progressivement plusieurs types d’effets différents (saccades, clignotements, introduction de filtres colorés, etc.)

Le film est formellement très réussi, déjà un classique selon nous et il peut s’inscrire dans la tendance non seulement du film à clignotements dont la figure historique reste Tony Conrad mais aussi dans le courant du cinéma structurel. Les critiques portant sur le support super-huit (le cinéaste a dit qu’il ne voulait plus tourner en ce substandard qui ne rend rien dans une, relativement, grande salle !) ne doivent pas être prises en considération : la forme l’emporte ici sur le piqué ou le chiqué...






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