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ELEVE LIBRE
De Joachim Lafosse
Par Guillaume RICHARD

Synopsis : Jonas, un adolescent de 16 ans, vient de rater à nouveau son année scolaire. Il décide de réussir en suivant le jury central, et pour cela, il prend des cours particuliers auprès d’un ami de la famille.



Le cinéma belge contemporain, qui connaît depuis la palme d’or de Rosetta en 1999 une nouvelle vitalité, se distingue par une diversité de genre et d’auteurs ; fait assez unique pour un pays dont les fonds et les institutions pour le cinéma restent minoritaires. C’est ainsi que Bouli Lanners, Lucas Belvaux ou Joachim Lafosse ont su profiter d’une certaine forme de renaissance économique et culturelle pour donner une visibilité à leurs oeuvres. Aujourd’hui, plus que jamais, ce cinéma belge là est consacré un peu partout, essentiellement dans les festivals, et jouit, sans la moindre dose d’autocritique, d’un appui total, quasiment sans nuance, donc aveugle, de la presse nationale. Cette presse qui, pour des raisons inconnues, perdent la notion du mot "critique" dès qu’un film belge se trouve à passer sous les feux des projecteurs. On a pu lire, dans le meilleur journal belge, que Elève libre, le dernier film de Lafosse, marquait une date et qu’il s’agissait, simplement, d’un chef d’oeuvre. Le bon sens, et la raison cinéphilique, où ceux qui croient en l’art, peuvent-ils se contenter de ce jugement ?

N’y allons pas par quatre chemins : Elève libre relève de la médiocrité, et d’une bêtise, aussi bien à sa source que dans les images mêmes, que l’on croyait éradiquée du septième art. A travers Jonas, un adolescent un peu désabusé qui va se retrouver malgré lui enfermé dans un jeu vicieux autour du sexe et de la manipulation (de la pédophile), Lafosse dresse le portrait d’une morale à la dérive en prenant le soin d’assurer la transmission des limites, pour que moral et humanité demeurent. Le cinéaste dédie son film "à nos limites", afin d’en montrer l’urgente nécessité. Mais alors, pourquoi faire un film qui n’a que pour seul objectif narratif de les transgresser ? Pourquoi faire tout reposer sur une logique de gradation et atteindre l’horreur et le dégoût ? Le premier geste, la source, indique déjà des signes de défaillances : aucune trace d’éthique cinématographique. Seul compte la vulgarité, l’effet-choc pour mettre le spectateur en poche. Un non-film, du non-cinéma.