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LA DIGNITE DU PEUPLE
de Fernando Solanas
Par Nicolas ONNO

SYNOPSIS :Argentine. La crise économique de 2001 a précipité des millions d’hommes et de femmes dans la faim et l’indigence. Le récit engagé de dix histoires, dix voix qui, loin d’être terrassées, se tiennent encore debout.



POINT DE VUE

De la lointaine Pampa jusqu’aux rues enfiévrées de Buenos Aires, la caméra numérique de Pino Solanas est partie à la rencontre des laissés-pour-compte de l’Argentine sinistrée des années 2000. Fruit de ce travail documentaire construit sous forme de patchwork militant et indigné nous sont livrées les nombreuses conjugaisons d’un refrain – ou du credo – à connotation révolutionnaire : « Le peuple uni ne sera jamais vaincu.  »

Ainsi, hôpitaux de rue ou soupes populaires, ce film choral suit les actions de « gens sans importance » qui ont voulu se substituer à la faillite généralisée de l’appareil d’Etat argentin, gangrené par la corruption et l’allégeance au FMI. « Je ne veux pas baisser les bras. Souvent, j’ai eu le sentiment qu’ils nous avaient eus, confie Toba, maître d’école qui a mis en place une cantine pour venir en aide aux enfants qui ont faim. Mais quand j’y pense, je me dis qu’on n’est pas à terre. Il y a des rivières souterraines qui préparent quelque chose de nouveau, de différent.  »

Après Mémoires d’un saccage (2004), qui débusquait les mécanismes ayant conduit le modèle argentin à la crise économique sans précédent de 2001, La Dignité du peuple en explore ses conséquences. Au-delà de la démonstration au cas par cas, le film rend compte également d’un dialogue impossible entre un gouvernement irresponsable et les citoyens qu’il a abandonnés. Solanas y scrute les avatars de l’injustice la plus criante : celle qui naît entre les grandes banques subventionnées et les petits épargnants floués, les manifestants révoltés de la « marche de la dignité » et les assassinats policiers, la paralysie des instances dirigeantes et la masse de crève-la-faim qu’elle a engendrés. Cela pourrait paraître effectivement un rien démagogique. Difficile cependant de ne pas s’émouvoir devant ce cinglant plaidoyer.