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LE CINEMA DE RITHY PANH
De Rithy Panh
Par Nicolas ONNO

SYNOPSIS :Témoigner au plus près du génocide cambodgien (1975-1979), perpétré par le régime totalitaire des Khmers rouges de Pol Pot. En quatre films documentaires, réalisés sur près de 15 ans, le cinéaste Rithy Panh s’impose cette ligne de conduite.



POINT DE VUE

Du réalisateur, une belle fiction tirée d’un livre de Marguerite Duras, Un Barrage contre le Pacifique, sortie ces jours-ci et faisant revivre un passé colonial français pas très glorieux, dans les années 30. On connaît surtout son immense travail en faveur de la reconnaissance par la communauté internationale du génocide de son pays, qui fit deux millions de victimes dans la seconde moitié des années 1970, après la prise de pouvoir du « Kampuchea démocratique » à Phnom Penh le 17 avril 1975. Depuis son premier film documentaire, Site 2 (1989), tourné dans un camp de réfugiés cambodgiens en Thaïlande, Rithy Panh n’a de cesse de témoigner, de vouloir comprendre et de questionner.

Dix ans près avoir quitté son pays pour la France, il se rend au camp de « Site 2 » dans le but de filmer les conditions de vie précaires de ces centaines de milliers d’anonymes, « les détails, les gestes, toutes les petites résistances sans lesquelles l’être humain devient une bête en cage ». De ce projet initial naîtra La Terre des âmes errantes (1999) : le metteur en scène y retrouve quelques années plus tard ces anciens réfugiés, mémoire vivante du génocide, devenus des paysans sans terre qui creusent le sol et louent leur force de travail à la construction d’un immense chantier de télécommunications.

La seconde partie de ce diptyque (Bophana/S-21) prolonge la réflexion de Rithy Panh sur l’annihilation du statut d’individu voulue par l’idéologie meurtrière khmère rouge. Y sont examinées les méthodes de broyage et d’interrogatoire du « bureau » S-21 (prison de sécurité 21) afin d’extirper aux suppliciés aveux insensés et dénonciations des ennemis de la révolution. Le but ultime du Parti communiste cambodgien consistait en l’avènement de deux classes uniques, ouvrière et paysanne, conduisant à l’élimination pure et simple des intellectuels, professeurs, citadins et à la rééducation par le travail manuel. Rithy Panh rend compte de la destruction progressive de l’être humain, « réduit à l’état d’objet ».