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TULPAN
de Sergeï Dvortsevoy
Par Helene DEVYNCK

SYNOPSIS : Après avoir fait son service dans la marine, Asa revient dans les steppes kazhakes vivre avec sa soeur et son beau-frère, un éleveur de moutons. Asa rêve de cette vie simple : une famille, une yourte, un élevage. D’abord, il faut qu’il se marie. Tulpan est la seule épouse possible, dans ce bout de désert. Hélas, Tulpan ne veut pas de lui : elle trouve ses oreilles trop décollées.



POINT DE VUE

Asa veut être un berger, pour cela il lui faut du bétail et une femme. Tulpan est la seule "disponible" des environs. Pourtant elle ne veut pas de lui à cause de ces grandes oreilles ! Le ton est donné à l’absurdité de ligne narrative, pourquoi pas !

Tulpan est le personnage central du film, qu’on ne verra d’ailleurs jamais. Rappelant ainsi Le vent nous emportera de Kiarostami où la vieille mourante n’est jamais montré à l’écran. Le lien entre ces deux réalisateurs est puissant de par leur manière de filmer, la présence de ce Hors Champ et le rapport Fiction/documentaire.

L’histoire trace le parcours initiatique d’un jeune homme voulant devenir berger et voulant épouser Tulpan. Des rêves pleins la tête, il se rendra vite compte que rien n’est facile et qu’il faut de la volonté pour arriver à ses fins. Au bout de plusieurs tentatives, il s’essouffle et ne veut plus de cette vie de Nomade. Alors qu’il s’apprête à abandonné, il reprend espoir lorsqu’il fera naître un agneau...

Ce film tourne autour de plusieurs symboles... Celui de l’agneau (renaissance d’Asa), l’immensité du paysage s’absout dans le confinement d’une yourte, la tempête de sable nous ramenant sans cesse au mouvement du troupeau, la terre et le ciel, jouant sur le temps. Cette division ou plutôt cette addition des personnages, des éléments et de l’espace en générale fait de Tulpan une œuvre cinématographique complète et maîtrisée.
Lorsque Sergey Dvortsevoy filme avec des plans fixes ou séquences c’est pour mieux nous permettre d’appréhender les steppes, ses couleurs, son éloignement, le chaos et le tragique qu’ils évoquent mais aussi cette beauté que la nature nous offre, nous faisant oublier le capharnaüm de notre société, de notre ville et de notre rue.