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Enterrées, les promesses, sous la pyramide de trahisons au concept original. Alors on s’interroge : est-ce par pur opportunisme commercial qu’on a tant sacrifié aux canons actuels (et qu’on a exhumé l’idole tout court) ? Ou peut-être l’héritage était-il effectivement trop lourd à porter (surtout lesté de son ancienneté), et le monde a-t-il trop changé que pour que ce projet ait pu tenir ses promesses, malgré un budget quelque six fois supérieur à "L’arche perdue" !

Un peu de baume au cœur est apporté par les acteurs ; moins par la pièce rapportée LaBeouf, qui dégage autant de charisme que le guidon de sa Harley, que les vétérans John Hurt et Karen Allen qui ressuscite Marion Ravenwood, et surtout Cate Blanchett, pareille à elle-même, soit : impeccable, même dans le rôle superficiel de la méchante Russe de service.

Mais malgré tout, le résultat fait un peu pitié à voir : entre hommage un peu empoté et auto-parodie, qu’on ne vienne pas nous dire qu’un quatrième opus a été ajouté à une trilogie qui le restera ; tout au plus peut-on parler d’une séquelle. Et pourtant, celle-ci a son utilité : peut-être un dernier film était-il effectivement nécessaire pour enterrer définitivement une série si aimée du public. Il vient tard, il est loin d’être parfait, mais la catharsis opère. Comment en effet ne pas ressentir de la tendresse à retrouver Ford sous le Fedora, le visage certes un peu empâté mais toujours en forme, signant avec prestance, malgré des péripéties un peu faiblardes sentant la mise à la retraite, la fin de son personnage fétiche – il est vrai que devenir (enfin ?) père de famille n’est en soi pas si mal mais signifie tout de même, pour un héros de cinéma, être poussé vers le hors-champ. Ce que le "Royaume" offre est ainsi, en fait, moins un divertissement de qualité que l’occasion de célébrer collectivement le deuil d’Indy. De manière significative, le scénario désamorce lui-même habilement l’ébauche de passation de flambeau bassement prévue dans l’intrigue via l’apparition de son fils Mutt : au dernier moment, Indy récupère son chapeau d’entre les mains de ce dernier, semblant dire "je ne suis pas encore mort, gamin", en un geste crâne mais pas aveugle pour autant : le fait est qu’avec lui, c’est toute une génération qu’on enterre avec un sourire encore fier (du passé) mais un peu amer aux commissures (en considérant l’avenir).

Un crâne de plus au cimetière des héros ? Sûrement, et tout comme la mort d’un chanteur booste la vente de ses disques, ici le film titille l’envie de se refaire une soirée télé avec de vieux potes pour oublier que nous aussi on a pris vingt ans au compteur et que tout est moins drôle - tandis que, sur le grand écran, le professeur Jones laisse la place à de nouveaux héros, plus actuels, c’est-à-dire plus complexes et sans doute plus désabusés. Mais il ne fait aucun doute que, pour longtemps encore, c’est son fier coup de fouet qui résonnera dans nos fantasmes d’aventure. Trust me.






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