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Un florilège ou montage-apéritif de passages significatifs montre par exemple Warhol en train de faire des pompes pendant toute la durée d’un générique, ce qui prouve que l’artiste, malgré ses excès supposés ou réels, ses habitudes de noctambule, sa vie citadine, son teint éteint, la grave blessure par balles dont il avait été victime en 1968, est en bonne forme. Ailleurs, il fait du vélo d’appartement tout en présentant une autre émission le plus sérieusement du monde. Des images en accéléré montrent New York, la Factory, des personnages comme la chanteuse de Blondie – Debbie Harris – ou la fiancée de Mick Jagger – le mannequin Jerry Hall.

Warhol perd la tête, au sens propre du terme, c.à.d. par la magie d’un trucage digne de Méliès – cf. L’Homme à la tête en caoutchouc (1901). Cet effet électronique montre le tronc de l’artiste déambulant au milieu du trafic automobile de Manhattan tandis que la fameuse tête à moumoute platine poursuit son discours imperturbablement, mine de rien.

On a également quelques images prises au Studio 54 où se faisaient et se défaisaient alors les modes – une pièce de la Maison Rouge est d’ailleurs vouée au phénomène Disco, qui avait succédé à celui des light shows auquel Warhol avait contribué dans les sixties. On découvre le couturier Halston dont il est constamment question dans les mémoires de Warhol mais dont la notoriété n’a jamais traversé l’Atlantique. Ainsi que des artistes peintres comme David Hockney, qui régresse en faisant le malin, la tête coiffée d’une casquette d’écolier anglais (par la suite, le guitariste d’AC-DC reprendra ce gimmick !) et de la pionnière américaine de l’art moderne, veuve d’Alfred Stieglitz, Georgia O’Keeffe – qui rendit célèbre le joli village tout en adobes d’Abiquiu, dans le Nouveau Mexique, que nous avons eu l’occasion de visiter. Paloma Picasso joue humblement les journalistes et lui demande ses impressions sur son paternel. On reste dans l’anecdotique et sur sa faim.

Des célébrités confirmées comme Diane Vreeland ou virtuelles défilent en tous sens. D’un écran l’autre. Warhol est passé de l’underground à la jet-set et aux « people » dont il fait maintenant partie. Des acheteurs potentiels d’espace publicitaire pour le magazine Interview ou même des commanditaires de portraits par l’artiste. Des personnages pour lesquels Warhol organisait régulièrement des déjeuners à la Factory – une des séquences en caméra témoin et montage elliptique montre que ces fameux repas plus ou moins d’affaires étaient en définitive assez simples, et sans façon : des buffets de viandes froides ou de plats cuisinés provenant d’un bon traiteur genre Les Trois petits cochons.

Warhol n’hésitait pas à s’adresser directement au spectateur face caméra en prenant une voix neutre ou atone, comme un acteur bressonien.

Des « screen tests » faisaient aussi partie de la rétrospective, comme celui de Debbie Harry ou encore celui, d’après nous hors sujet car réalisé en 1966 et, qui plus est, en 16mm et non en vidéo, de Marcel Duchamp, qui apporta sa caution artistique et/ou morale à l’entreprise Pop, et à Warhol en particulier, après avoir soutenu des disciples américains tels que John Cage.