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DON CRUZ ET LES ENFANTS OISEAUX
de Lucia Barahona et Vincent Papougnot
Par Nicolas VILLODRE

Don Cruz a créé une école de voladores (littéralement : de voleurs, au sens voltigeur, aérien, acrobatique du terme, pas dans l’acception de pickpockets !) destinée à transmettre un rituel pré-hispanique, mais pas que, puisque la musique, la danse et la langue y sont aussi enseignées, ce, dans la province de Papantla qui fait partie de la région totonaque (à ne pas confondre avec le territoire teutonique !), près de Veracruz, au Mexique, donc.



Le film détaille la cérémonie des voladores qui est l’une sinon la plus spectaculaire dans un pays qui n’en manque pas (cf. Eisenstein et les films de la regrettée Raymonde Carasco, qui vient de nous quitter), et dont nous n’avions eu personnellement connaissance jusqu’ici qu’à travers des photographies (celles de Juan Manuel Castro Prieto, par exemple). Ce rituel n’est pas une simple attraction pour touristes. Les réalisateurs tentent d’en expliquer à la fois les origines et les buts. Les tenants et les aboutissants.

Les Indiens totonaques ont, comme tout le monde, un jour ou l’autre, fait le rêve d’Icare. Le passage à l’acte, l’envol, est d’ailleurs en partie réalisé par le rituel dit des « enfants oiseaux » au moyen d’un dispositif de type forain, il faut dire, assez ingénieux. Le reste, c’est de la littérature, autrement dite de la mythologie, de la symbolique. Les enfants – ce sont toujours les innocents du village qui prennent le plus de risques, les Cosette et les Perrette qui paient les pots cassés, les cadets qui sont envoyés au casse-pipe – pratiquent le cérémonial dans une position inconfortable, acrobatique, déconseillée par la médecine du travail – la tête en bas, les bras en croix, pendant trois minutes, ce qui n’est pas vraiment indiqué à ceux qui ont des problèmes vasculaires.

Ayant repéré en forêt l’arbre le plus grand et le plus droit possible, les Indiens le plantent, après une nuit de jeûne et de prière, sacrifient un coq au dieu de la pluie (cf. http://www.objectif-cinema.com/spip.php ?article4857), versent le sang à la base du tronc et se lancent dans le vide...

La cérémonie a lieu, en principe, au moment du solstice d’été. La flûte est un écho du chant des oiseaux cher à Messiaen. Le tambour, la voix de Xipe Totec. Les costumes colorés, rouges, blancs et jaunes rappellent le plumage du coq...