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Nous assistons, en direct live, aux transformations de la société du 18e. À sa démocratisation (relative). Hors champ se crée un Nouveau monde (les States), cela s’agite dans l’Hexagone (la Révolution). Les journaux, gazettes, libelles, caricatures et illustrations circulent librement.

Le Duc a tous les droits du pater familias, y compris celui, coutumier, d’être polygame (en l’occurrence avec la gironde Hayley Atwell laquelle s’est arrangée pour séduire auparavant la mignonne Keira, dans une scène érotique à tendance nettement saphique). La Duchesse, aucun. Si ce n’est celui de briller en société. Pas question pour elle de cocufier notoirement son mari - ni avec un Maure ni avec un Whig.

La gente dame devient progressivement, si l’on peut dire, une des premières suffragettes de l’histoire. Elle se lance avec enthousiasme dans la politique pour échapper à l’ennui, à l’oisiveté, au vice du jeu, de l’amour et du hasard (on n’est pas chez Marivaux mais chez le dramaturge irlandais Richard Brinsley Sheridan dont on présente un passage de la pièce créée en 1777, School for Scandal), et se rend immédiatement compte des limites du mot « libéralisme ».

Tout ça pour dire que le film est vraiment bien réalisé. La reconstitution historique, parfaite, comme toujours avec la BBC. On n’a mégoté ni sur la déco ni sur les costumes confectionnés par l’excellent Michael O’Connor. On a de la belle photo, certes académique (mais, au moins, on n’est pas ici dans un de ces téléfilms tournés à la va-vite du côté de Prague ou de Budapest), avec des reflets dans les miroirs, des vues embuées à travers les vitres, des passages bath, londoniens, voire barrylindoniens à 36 chandelles. Le montage, parfois un peu trop cut à notre goût (on n’est pas aux pièces, ce n’est pas un film d’aventures !), est efficacement assuré par sensei Masahiro Hirakubo.

Il convient de souligner le travail remarquable de Lucy Bevan qui a réuni une distribution indiscutable. Vous me direz : en Angleland, on n’a que l’embarras du choix, question comédiens ! Mais rappelez-vous : on revient de loin. Le cinéma briton était donné pour mort, il n’y a pas si longtemps encore.

Keira assure comme à l’accoutumée. Elle pouffe comme il faut, quand il faut, sait rire et pleurer simultanément, porter avec grâce toutes sortes de voilettes, de toilettes (les femmes étaient à l’époque bien habillées en GB) et de coiffures extravagantes. Elle prendra de l’épaisseur avec le temps... Charlotte Rampling remplit avec conviction sa fonction de mère un peu maquerelle sur les bords. Ralph Fiennes est toujours juste. Encore plus minimaliste que d’habitude (une seule colère en près de deux heures !) et ambigu : la mise en scène de Dibb lui permet d’introduire une distance avec son personnage qui, vers la fin, donne l’impression de n’être pas dupe du rôle social qu’il est amené à jouer malgré lui, à l’insu de son plein gré. Tous les autres comédiens, sans exception, sont plus que corrects. Beaux et bons à la fois.

Que demande le peuple ?






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