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FESTIVAL DU
CINEMA DE BRIVE

Compte Rendu du
6éme festival
Par Nicolas REYBOUBET


Pour cette sixième édition, le festival du moyen métrage de Brive, qui s’est déroulé du 1er au 6 Avril, proposait une belle programmation.

Ainsi avez –vous pu voir sur grand écran l’autrefois rare Un Chant d’Amour -1950- de Jean Genet, suivit de son fils américain Pink Narcissus, de James Bidgood, ce photographe de « Pictorals » (revue naturiste des 60’s) dont le style flamboyant inspira Pierre et Gilles.

Genet, Bidgood, deux cinéastes qui eurent à croire en leurs fantasmes aussi fort qu’en leur cinéma, et donc qu’en leur sexualité d’homme. Films-fantasmes, où la solitude se conjugue à l’onanisme. Solitude dans la société, où l’homosexualité en 1950 ne mène qu’aux barreaux. Emancipation dans les années 70, l’américain explose, libère, la forme : baroque, rococo. Explore la fantasmagorie : bacch-anales, toreros, viril motard chevauchant des engins mécaniques. Solitude d’une société qui consomme. Ville de lumière. Tout est à vendre ici. Une autres forme de marginalisation, sublimée par une grande force imaginative et poétique. Faire du Minnelli dans son salon : c’est possible !

La traversée érotique se poursuit : Vixens, Venus In Furs, Maîtresse (l’hallucinant Shroeder a encore frappé- notre Herzog a nous !), jusqu’à ce film radical ou définitif : La Femme à Sacrifier de Masaru Konuma. Pink Eiga de 1974, programmé au court de la carte blanche au chanteur Christophe, qui ne nous épargne rien des déviances sadiennes et autres délires bondages. Honnête ancêtre de Visitor Q, de Takeshi Mike, ce film questionne constamment sur la place du « voyeur » - du spectacle qu’il déguste, et peut être donc, du cinéma - dans notre société. Culte comme une catégorie III malgré les conditions de projection (ne laissez pas entrer n’importe qui dans la salle ; ou alors prévoyez un masque à oxygène pour nos amis chrétiens de gauche, dont l’éducation ne permet pas le spectacle de telles salissures !!).

Plus loin l’heureuse rétrospective Tod Browning, et la présence de Boris Henry, cinéphile intègre de la cité phocéenne, présent à chaque projection pour nous dire sa passion et son analyse originale de l’homme Des Poupées du Diable- préfiguration maléfique du génial The Incredible Shrinking Man de Jack Arnold.

Enfin, dans la catégorie compétition, le jury, présidée par Marie Vermillard, a remis le premier prix de ces 6éme rencontres au film de Jérémie Reichenbach : La mort de la gazelle. Moyen métrage documentaire sur la guérilla civil au Niger.