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BERNARD BLIER
UN HOMME FAÇON PUZZLE

de Jean-Philippe Guerand
éd. Rober Laffont
Par Nicolas VILLODRE


Il s’agit sans doute de la première biographie consacrée au comédien du théâtre et du cinéma français qui a marqué de son empreinte l’immédiate avant-guerre et la seconde moitié du 20e siècle dans de très nombreux rôles, qui vont du répertoire classique aux nanars les plus légers.

On garde de l’acteur ce « phrasé inimitable », dont le doux ronron nous trotte encore dans la tête, un mélange de rudesse et de douceur, un ton qui va de la résignation à l’énervement, à l’irritation, voire à la révolte, une fausse bonhomie de vrai titi parisien, en somme, donnant parfaitement le change.

Né à... Buenos Aires, en 1916, cette grande gueule du cinéma français, formé par Jouvet, plus que par le Conservatoire proprement dit, camarade de promotion de François Périer et de Gérard Oury, a été photographiée dans près de deux cents films et s’est exprimée live dans une trentaine de pièces.

Malgré quelques défauts, sa structure monotone (= chronologique), quelques erreurs historiques ou fautes d’orthographe (p. 23, l’auteur nous présente la pionnière de la danse moderne, Isadora, comme une artiste britannique alors que tout le monde sait qu’elle était américaine ; plus bas, il ne relève pas l’anachronisme, délibéré sans doute de la part de Blier, qui consiste à parler de rats des caves de Saint-Germain-des-Prés avant la Libération ; p. 62, il écrit Benoit-Lévy avec un accent circonflexe sur le « i » de Benoit, etc.), le bouquin de Jean-Philippe Guerand se laisse lire et finit même par cerner avec précision le caractère somme toute plus complexe qu’il n’y paraît d’un personnage resté mythique.

Bernard Blier se passionne pour le théâtre à l’âge de douze ans lorsqu’il assiste à une représentation d’Horace avec Pierre Fresnay à la Comédie Française. Il commence à jouer dès 1935 dans des tournées théâtrales en province. Il fait la connaissance de Raymond Rouleau dont il suit les cours gratuits « dans le cadre de l’éphémère École de théâtre que ce dernier vient d’ouvrir avec Julien Bertheau et Jean-Louis Barrault. » Blier gardera un souvenir ému de cette expérience unique : « Avec lui, j’ai pris conscience de la gravité de ce métier et eu la révélation du comique de Molière. Il a éveillé en moi le désir de se surpasser, d’approfondir le travail sur les personnages ; il m’a donné le goût du paroxysme, l’envie de se sortir les tripes. »