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Bernard Dhéran
BERNARD DHERAN
Comédien
Entretien réalisé
le 7 juin 2008
par François JUSTAMAND
et Rémi CAREMEL
Retranscription par
Rémi CAREMEL

La pièce de Laurent Baffie, Toc toc, présente avec humour le phénomène des troubles obsessionnels compulsifs. Pour jouer Fred, atteint du syndrome de Gilles de la Tourette qui fait dire au malade les pires insultes sans aucun contrôle de lui-même, Laurent Baffie a choisi le comédien Bernard Dhéran qui fût certainement l’un des sociétaires de la Comédie-Française les plus « classes » de l’histoire du théâtre. Alors que la pièce vivait ses dernières représentations l’été dernier au Théâtre du Palais-Royal après plusieurs années de succès, Bernard Dhéran, qui venait aussi de publier son autobiographie, nous accueillait cordialement dans son pied-à-terre parisien. Entretien sans tabous avec un grand homme de théâtre et de doublage.



La Gazette du doublage : D’où vous est venue l’envie de devenir comédien ?

Bernard Dhéran : Je n’ai pas vraiment eu une vocation de naissance ou d’adolescence. Cela m’est venu au fur et à mesure, quand je suis entré au conservatoire, puis à la compagnie Renaud-Barrault.

La Gazette du doublage : Dans ce cas, qu’est-ce qui vous a poussé à vous inscrire à un cours d’art dramatique ?

Bernard Dhéran : Je suis un enfant de l’occupation. J’ai été élevé à Rouen pendant toute ma jeunesse et j’ai subi les bombardements, notre maison a été détruite. Mon père était agent d’assurances, il était donc très éloigné de ce métier. On avait beau être près de Paris, Rouen paraissait à cette époque bien loin de la capitale. Je ne savais pas trop bien ce que j’allais faire, mon père était très inquiet. J’ai changé plusieurs fois d’idées : chirurgien, peintre, etc. et un beau jour j’ai vu sur une pancarte « Madame Lisika-Albert Lambert viendra donner des cours au conservatoire tel jour, telle heure, etc. ». J’ai dit à mon père que cela m’amuserait d’essayer. J’avais déjà eu une petite « touche » de comédien quand j’étais môme car j’avais joué une bleuette dans l’école religieuse où j’étais : je jouais un marin idiot qui s’appelait Kerbilic et qui disait tout le temps « oh moi, vous savez… ». C’était mon petit succès à l’école, je devais avoir onze ans. Et puis je me suis décidé à m’inscrire à ce cours. Cette dame, veuve du sociétaire de la Comédie-Française Albert Lambert, m’a demandé si je savais quelque chose. Je lui ai récité la fable de La Fontaine « le chat, la belette et le petit lapin ». Elle m’a dit que j’avais une bonne voix et qu’on pouvait essayer. Et c’est comme cela que tout a commencé.