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L’HOMME AUX MILLE VISAGES
De Joseph Pevney
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Le film retrace le parcours de l’exceptionnel acteur Lon Chaney (James Cagney). Son enfance auprès de parents sourds muets, ses débuts sur les planches en faisant des numéros mêlant danse et comédie, puis sa carrière au cinéma dans des rôles marquants, comme Quasimodo ou le fantôme de l’opéra, sublimés par des maquillages qu’il confectionnait lui-même. Il est aussi question des femmes ayant partagées sa vie, sa première épouse, la chanteuse névrosée Cleva Creighton (Dorothy Malone), qui après lui avoir donné un fils sera plus intéressée par une vie professionnelle que familiale, et sa seconde épouse, Hazel Bennet (Jane Greer), qui lui apportera davantage de réconfort.



POINT DE VUE

Réalisé par Joseph Pevney (1911-2008), ancien acteur devenu réalisateur pour Universal, L’Homme aux mille visages est un « biopic » (contraction de biography et picture) consacré à l’acteur Lon Chaney (1883-1930). Artiste génial, connu pour ses maquillages saisissants, surnommé « l’homme aux mille visages » pour son talent à changer de tête à chacune de ses apparitions à l’écran, Chaney s’est spécialisé au temps du cinéma muet dans les rôles morbides et macabres. Fasciné par le handicap physique sous toutes ses formes, Chaney a trouvé un réalisateur de prédilection en la personne de Tod Browning (1880-1962), qui lui a permis d’incarner des individus hors normes, en particulier dans Le Club des trois (1925), L’Inconnu (1927), et Le Talion (1928). Dans un article sur L’acteur paru dans The International Dictionary of Films and Filmakers, volume III (Papermac, 1986), Linda J. Obalil nous apprend que souvent les maquillages étaient très douloureux pour Chaney. Dans The Penalty (Wallace Worsley, 1920), il devait s’attacher les jambes avec un harnais pour jouer un amputé, tandis que le maquillage du Quasimodo de Notre Dame de Paris (Wallace Worsely, 1923) lui demandait 4 heures et demi de préparation, avec notamment la pose d’une bosse d’une trentaine de kilos sur le dos (imdb.com indique au contraire qu’elle faisait moins de 7 kilos). Enfin, le visage défiguré du Fantôme de l’opéra (Robert Julian, 1925) requérait la pose de fils métalliques dans son nez pour tirer ses narines vers le haut afin de le faire ressembler davantage à un crâne.

Fort malheureusement, L’Homme aux mille visages passe à côté d’un sujet passionnant en se focalisant de façon très mélodramatique et romancée sur la vie privée de l’acteur, surtout sur le rapport hyper protecteur de Chaney envers son fils Creighton. Dans l’introduction au film présente sur le DVD Carlotta, Christian Viviani explique pourquoi cette biographie ne pouvait être que partielle et partiale, Chaney ayant travaillé pour plusieurs studios, cela limitait le nombre de films pouvant être évoqués pour des questions de droits. Ainsi, tous les films MGM ne sont guère mentionnés, tandis que la collaboration sulfureuse Chaney/Browning n’est jamais montrée, ce qui est une lacune considérable lorsque l’on évoque le parcours de Lon Chaney ! Les rôles mémorables de l’acteur, tous studios confondus, sont seulement évoqués par une scène se contentant de montrer le déroulement de sa carrière par des croquis filmés sur un mur de sa demeure.