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L’ETERNITE POUR NOUS
De José Bénazéraf
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Une plage déserte, une auberge au bout du monde… Le vieux mari de la patronne agonise dans une des chambres. Débarquent un pianiste raté et une superbe chanteuse sans voix. Le bal d’éros et thanatos peut commencer…



POINT DE VUE

Curieux parcours que celui de José Bénazéraf, diplômé de Sciences Po qui commença en réalisant des drames teintés d’érotisme dans les années 60, pour ensuite devenir l’un des plus prolifiques cinéastes pornographiques des décennies suivantes, avec des titres aussi évocateurs que La veuve lubrique (1975), Nicole par-dessus, par-dessous (1979), ou Le Majordome est bien monté (1983). L’Eternité pour nous, ou Le Cri de la chair, son premier film officiel après sa participation au Quatrième sexe (Michel Wichard, 1961), est un drame intimiste au rythme lent, voire contemplatif. Tous les personnages que l’on y trouve ne sont pas faits pour le bonheur, que ce soit Maria (Monique Just), jeune patronne d’auberge à la froideur apparente, qui espère la fin proche de son mari grabataire ; Françoise (Gisèle Gallois), la serveuse désoeuvrée qui se repaît d’indiscrétions ; Jean-Marc (Michel Lemoine), le pianiste souffrant de ne pas être reconnu dans son art, qui s’éprend de Maria la brune à l’abord glacial ; ou encore Brigitte (Sylvia Sorrente), pulpeuse blonde répétant qu’elle n’aime pas réfléchir et dont la sensualité la rapproche (est-ce un hasard ?) de la Brigitte Bardot d’Et Dieu créa la femme (Roger Vadim, 1956).

José Bénazéraf parsème son long-métrage de séquences audacieuses pour l’époque, en dévoilant un peu la plastique de Monique Just et de Sylvia Sorrente. Une scène écourtée concernant cette dernière sera d’ailleurs visible dans son intégralité, des années plus tard, au début du documentaire Anthologie des scènes interdites des films de José Bénazéraf (1975). L’auteur s’amuse même à rendre hommage à la célèbre étreinte sur la plage de Tant qu’il y aura des hommes (Fred Zinnemann, 1953), en remplaçant Burt Lancaster par Michel Lemoine, et Deborah Kerr par Sylvia Sorrente. Malheureusement le DVD chroniqué ne rend pas totalement justice à la belle photographie de L’Eternité pour nous, avec une image manquant de profondeur, parfois floue, tandis que quelques brèves coupures de plans et de sons se remarquent parfois.