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BORIS HENRY

FREAKS
de la nouvelle
au livre

Les monstres sortent
de la crypte.
Par Nicolas REYBOUBET

Boris Henry, rencontré lors la retrospective Browning au festival de Brive, nous était apparu comme un de ces discret dont le cinéma coule dans le sang. Placide, mais démarrant au quart de tour dès lors qu’ Ulmer ou Borzage débarquent dans la conversation. Aujourd’hui, alors que considéré en France comme le spécialiste de Tod Browning, son travail sur Freaks- la monstrueuse parade- est édité chez Rouge Profond.



Objectif Cinéma : Tu es présenté comme le spécialiste de Tod Browning en France. Qu’en est-il ? Lorsque tu fais ton mémoire sur Freaks, le terrain est-il vierge ?

Boris Henry : Ce n’est évidemment pas à moi de décider si je suis ou non le spécialiste de Tod Browning en France ! Une chose est sûre, c’est qu’en 1993, lorsque j’ai commencé à travailler sur l’œuvre de Tod Browning et en particulier sur Freaks , il y avait peu d’écrits en français et notamment très peu analysant les films de Browning. Avant les années 90 et les biographies américaines effectuées par Bret Wood, Elias Savada et David J. Skal et celle italienne de Leonardo Gandini, seul existait un texte approximatif de Stuart Rosenthal. En France, si Tod Browning fut admiré des surréalistes et que plusieurs auteurs importants lui ont consacré quelques lignes - parmi lesquels : Philippe Soupault, Jean-Luc Godard, Serge Daney, Gilles Deleuze et Jean-Louis Schefer -, durant longtemps, seuls Jean-Claude Romer, Jean-Marie Sabatier et Charles Tesson ont entrepris des travaux biographiques, filmographiques, analytiques ou théoriques conséquents. Plus largement, de nombreux ouvrages généraux sur le cinéma ne mentionnent pas le nom de Tod Browning et il en va de même de certains de ceux consacrés à Hollywood, à l’Hollywood des années 30… et quand le nom de Browning est cité, il l’est au mieux lorsqu’il est question de ses films Dracula et Freaks.

O.C : Je me souviens être allé à la rétrospective consacrée à Tod Browning au Musée d’Orsay en 2000, avec un ciné concert de Rodolphe Burger sur The Unknown. Quel a été ton rôle dans cette rétrospective ?

Boris Henry : Spontanément, je dirais que mon rôle a été de me faire avoir… En fait, je n’ai eu aucun rôle officiel, par contre, officieusement, j’ai fourni certains documents et ai passé des heures au téléphone avec la programmatrice de la rétrospective à lui suggérer des pistes, en particulier pour les accompagnements musicaux des films muets. Je lui ai notamment suggéré de faire intervenir des artistes comme Rodolphe Burger ou Arthur H. que je connaissais et dont je connaissais l’intérêt pour l’œuvre de Tod Browning, en ayant déjà parlé avec eux. Si je ne suis pour rien dans le fait qu’une commande a été passée à Rodolphe Burger pour composer spécialement une musique pour The Unknown, je crois par contre avoir été à l’origine de l’idée de le faire intervenir.