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Boris Henry : Tout ça est évidemment anecdotique, mais ce qui était assez rageant était d’être pris pour le provincial de service qu’on utilise lorsqu’on en a besoin et qu’on laisse en coulisses quand les choses deviennent plus sérieuses. Je me suis par exemple entendu dire que je ne pouvais pas présenter de films au public parce que je n’étais pas assez connu. Mais c’est du passé et ce n’est évidemment pas très grave : maintenant je reste dans ma province !

O.C : Aujourd’hui tu sors un livre sur Freaks (Freaks. De la nouvelle au film) aux éditions Rouge Profond, peux-tu nous parler de cet éditeur, de ta rencontre avec eux ?

Boris Henry : Au départ, il y a déjà une proximité géographique : cette maison d’édition est basée à Pertuis, près d’Aix-en-Provence et j’habite à Marseille. Ensuite, Guy Astic, l’éditeur, enseigne à Aix-en-Provence en lycée et à l’université et nous nous croisons régulièrement depuis pas mal d’années. J’ai notamment écrit deux articles sur les films de Tod Browning dans feu Simulacres, excellente revue éditée par Rouge Profond. Après avoir soutenu ma thèse (consacrée à Tod Browning) en mars 2003, j’ai proposé à Guy Astic de la publier. Il était très intéressé par le sujet et plus embêté par la forme (une thèse, donc). En janvier 2009, après avoir appris que Freaks entrait à la rentrée scolaire 2009-2010 dans le dispositif « Lycéens et apprentis au cinéma », il m’a proposé d’écrire un petit livre sur Freaks, livre dans lequel serait publiée pour la première fois en France une traduction - effectuée par Jean Marigny - de la nouvelle Spurs de Clarence Aaron “Tod” Robbins. L’une des conditions était de rendre le manuscrit fin mars… Une telle proposition ne se refusant pas, je l’ai acceptée et tout s’est donc fait très vite ! Je me suis évidemment appuyé sur mes travaux sur Tod Browning, mais ai également écrit pas mal de choses directement pour le livre, notamment tout ce qui concerne la comparaison entre la nouvelle et le film.

O.C : Y’a t-il d’autres livres sur le sujet que tu recommandes ?

Boris Henry : En premier lieu, je souhaiterais recommander la biographie de Bret Wood (Tod Browning : Diabolist of the Cinema, manuscrit, décembre 1993), mais le problème est qu’elle demeure inédite, ici comme aux États-Unis. Elle devait paraître en France, mais ce projet n’a pas abouti. C’est, à mon sens, la plus riche et la plus intéressante des biographies consacrées à Browning et j’espère qu’elle sera un jour publiée ici comme de l’autre côté de l’Atlantique. En anglais, il y a la biographie écrite par Elias Savada et David J. Skal (Dark Carnival : the Secret World of Tod Browning, Hollywood’s Master of the Macabre, New York, Anchor Books/Doubleday, 1995) qui est donc l’ouvrage biographique incontournable. En français, il y a le CinémAction n°125 (« Tod Browning, fameux inconnu », 2007) dirigé par Pascale Risterucci et Marcos Uzal. C’est de loin l’ouvrage le plus complet publié en français sur Tod Browning et il multiplie les approches. Incontournable également, l’article de Charles Tesson (« Le monstrueux sentiment de l’espèce humaine ») paru dans Trafic n°8 (novembre 1993, pp. 39-63). Avec cet article, Charles Tesson a véritablement défriché le terrain pour les recherches sur Tod Browning.

Sur Freaks, il y a le livre de Dick Tomasovic (Freaks, La Monstrueuse Parade de Tod Browning - De l’exhibition à la monstration - Du cinéma comme théâtre des corps, Liège, Céfal, 2005) et un article que j’apprécie tout particulièrement de Jean-Claude Biette (« Tod Browning et “ Freaks ” », Cahiers du cinéma, n°288, mai 1978, pp. 22-26).

Il y a donc désormais pas mal de choses à se mettre sous la dent sur Tod Browning comme sur Freaks. Il faut cependant se méfier des articles antérieurs aux années 90 qui, souvent, d’un point de vue biographique, véhiculent pas mal d’inexactitudes.