Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 




Round 3. Bronzage californien -donc UV- mais fesses maigrichonnes, pectoraux surgonflés mais lunettes de vue et prothèse auditive, corps invincible sur la scène -agrafes, verre, chaise- mais myocarde fragile. Le corps de Randy est un bloc de viande servant à marquer sa souffrance, une page où s’écrit le récit. Pour appuyer l’aura christique dégagé par « The Ram », il faut des stigmates à ce corps endolori : coup de poing rageur de Randy dans un coupe-jambon en marche, suaire taché de sang. Le corps meurtri de Randy devient une représentation de celui de Mickey, l’auto-destruction de l’acteur s’est incarnée dans la chair du personnage, s’offre sans pudeur au spectateur. La mise en image de la destruction physique devient quasi-documentaire.

Bouche fermée par une paralysie faciale, grognement proche de l’animal, ceinture de pantalon remontée au dessus du nombril, Walt n’a plus la prestance -et ne la cherche d’ailleurs pas- du bel Harry. Mais ce corps âgé reste digne, vertical, soucieux de son apparence, se régale de nourriture asiatique, toujours coiffé et rasé de près, encore capable de s’intéresser aux émois amoureux de son jeune voisin. C’est un corps vieilli et vivant que joue et filme Clint, le sien, celui d’un être de pellicule au charisme toujours intact. Son corps fictionnalisé devient une représentation ironique de l’écart entre ce qu’il fut et ce qu’il est, une sorte d’état des lieux de tout ce qu’il nous a offert devant la caméra. Clint coupe la respiration de Mickey d’un uppercut au foie.
Round 4. L’agnus dei Robinson, « le bélier », doit se sacrifier pour obtenir sa rédemption, sa mort est annoncée et attendue durant tout le film. La crucifixion finale sur la troisième corde et le plongeon sacrificiel ne sont cependant pas destinés à sauver l’autre -sa fille, la stripteaseuse- mais uniquement lui-même, il doit écrire la dernière ligne de sa légende. Personnage condamné dès les premiers mètres de pellicule, absence d’enjeu véritable, aucune compassion. Randy est un corps vide, un simple miroir pour Mickey.

wrestler3