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screenshot_autre_homme1Même dans un rapport “sado-masochiste” on est actif tout en étant victime. C’est vraiment le fondement d’Un autre homme. Les rapports sado-maso sont aussi bien incarnés par François et Rosa qu’entre la grande et la petite critique, entre la consommation de films comme simple spectateur ou alors comme théoricien...

Mais bien sûr les rapports sexuels exacerbent tout ça. La charpente du film s’est organisée autour de ces scènes de lit, de domination corporelle. Par contre, j’aurais très bien pu choisir un autre univers que celui de la critique cinéma : l’univers sportif par exemple.

Mais le problème du sport est qu’on ne peut pas “ruser”, esquiver, faire semblant de courir le 100 mètres ! Nos capacités sont vite cernées. Alors que dans la presse, on peut faire comme si... Je ne voulais pas d’un rapport sadique qui serait une simple déclaration d’intention mais au contraire qu’il soit réellement vécu par les personnages... Un autre homme a profité de ces recherches et j’ai pu y tester avec les deux héros la mise en corps de cette idée.

Comme quoi, tout sert à tout... C’est d’ailleurs une constante chez moi


Objectif Cinéma : Que ce soit avec sa fiancée ou avec sa maîtresse, François se heurte à de “sacrés numéros” et dans les deux cas, il ne porte pas la culotte. Christine, sa compagne, ne lui montre ses seins que s’il lui parle en vieux Français, et Rosa refuse qu’il s’approche de son visage car “elle ne supporte pas d’avoir une autre odeur extérieure dans ses cheveux”. Vous n’avez pas eu peur de laisser la porte ouverte à une interprétation misogyne, ou du moins condescendante envers ces deux femmes...

Lionel Baier : Je pense que ces femmes ne sont responsables de rien. Elles sont plutôt victimes du fait que leur homme ne sait pas s’y prendre. Même si entre Christine et François, on est aussi dans le donnant-donnant : “Mes seins contre ton vieux Français”. Et puis ils s’embrassent. C’est un code de vie quotidien, un langage qu’ils acceptent tous les deux. Avec Rosa Rouge, le même rituel aboutirait à une paire de gifles car François comprend très vite qu’il ne peut pas jouer au plus malin avec elle. Mais je pense qu’une vision purement misogyne du film équivaudrait à de la misanthropie. Car les hommes ne sont pas mieux traités...


screenshot_autre_homme2Objectif Cinéma : La séquence où François est convoqué chez son patron (qui a découvert sa supercherie), est très resserrée, jusque dans les cadrages. Le patron reste calme, paternaliste, déçu mais pas colère, alors qu’à côté de lui, sa collègue se cache derrière un éventail, comme si elle ne voulait plus entendre parler de François, en commençant par ne même plus le regarder en face...