Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

livre_ombres_elec
OMBRES ÉLECTRIQUES : LES CINÉMAS CHINOIS
de Raymond Delambre
Par Andrea GRUNERT


Le titre de l’ouvrage de Raymond Delambre Ombres électriques : les cinémas chinois révèle tout de suite la difficulté, voire l’impossibilité, de parler d’un cinéma chinois. Delambre ne cesse de nous le rappeler : à la pluralité des régions et paysages de cet immense territoire que représente la Chine correspond la pluralité des thèmes et styles des films. L’important travail qu’il a entrepris nous fait découvrir les facettes multiples d’une vaste cinématographie qui résiste à toute tentative d’homogénéisation. Malgré le succès international indéniable des cinéastes tels que Chen Kaige, Wong Kar Wai ou Zhang Yimou une grande partie de la production chinoise reste largement méconnue. L’enjeu de Delambre est de nous faire découvrir les espaces-temps créés par des films anciens et, surtout, plus récents à travers des analyses de films, des interviews et des pensées qui développent les contextes très diversifiés de ces œuvres, dépassant les frontières politiques de la Chine. Son livre traitant des voix multiples dans la production chinoise comprend également des contributions des professionnels dont quelques textes de la cinéaste Xiaolu Guo. Les chapitres savamment agencés se répondent et se complètent afin de composer un kaléidoscope qui est à la fois une introduction à une cinématographie jusque là négligée par les théoriciens occidentaux et une étude approfondie

Delambre rejette une approche chronologique tout comme les cinéastes chinois qui, au lieu de choisir la linéarité, ont tendance à privilégier un concept temporel cyclique. Son livre suit un rythme très original, déterminé par des thèmes, des va-et-vient dans le temps ou d’un auteur à un autre. Cette structure de prime abord étrange fait ressentir la complexité de cette cinématographie aux visages multiples, son évolution et ses aspects les plus variés. Sur les 378 pages de l’ouvrage se côtoient la production taiwanaise (dont l’œuvre de Hou Hsiao Hsien) et celle de Hong Kong, un chapitre consacré aux « festivals et politique des festivals » voisine avec celui sur la femme, le film documentaire y trouve sa place aussi bien que celui de fiction. Les débuts de la cinématographie chinoise et son âge d’or sont évoqués de même que les nouvelles tendances dans la production d’une société en transformation face à l’ère de la globalisation.