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COFFRET GUY GILLES
L’Amour à la mer (1963), Au pan coupé (1967), Le Clair de terre (1970)
Par Marc BRUIMAUD

Synopsis : Il est marin à Brest, elle l’attend à Paris. Ils se sont connus un été en Normandie, mais désormais c’est l’automne. (L’Amour à la mer) / Il est parti, il a même fini par mourir. Ça, Jeanne ne le sait pas, les souvenirs emplissent ses jours et ses nuits sur les lieux de leur amour perdu. (Au pan coupé) / Pierre s’ennuie à Paris. Il décide de rejoindre Tunis, à la recherche des vestiges de son enfance (Le Clair de terre)



Point de vue

gui_gilles_screen1Parmi l’inflation des coffrets-hommages qui envahit depuis quelque temps nos vidéothèques, voici l’une des initiatives les plus émouvantes du moment, faire (re)découvrir Guy Gilles, cinéaste honteusement méconnu (quasi inconnu du grand public) dont l’œuvre, d’une qualité visuelle et humaine considérable, forme un bloc forclos, très identifiable, envoûtant le spectateur par sa poésie fébrile et la sincérité radieuse de ses sentiments. Les films proposés sont ses trois premiers, d’une liberté totale, où, à partir d’arguments minimalistes (l’amour, le temps, les souvenirs ; ce que l’on a, ce que l’on perd), il tisse avec lenteur et détermination un réseau bouleversant de correspondances intimes, un objet, une carte postale, une chanson, un parfum, et voilà les réminiscences qui s’entrecroisent, se dissolvent ou triomphent, plus ou moins éphémères, vaste écheveau proustien. Bien sûr, ça n’est pas gai, mais les images sont belles, profondes, épidermiques, visages et paysages amoureusement captés – ce cinéma nous parle.

gui_gilles_screen2« Godard avec un cœur », « Leos Carax des années 60 » – on a d’ailleurs beaucoup cherché à circonscrire Guy Gilles, sans vraiment y parvenir ; ajoutons dès lors notre grain de sel : « Quelque chose de Jacques Demy jeune » : « On peut toujours retrouver les gens qu’on a aimés, si on le veut et si le hasard nous aide  » (Patrick Jouané dans Le Jardin qui bascule).