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SE SOUVENIR DES
BELLES CHOSES

de Zabou Breitman
Par Louise BURKART

Un film très critiqué, le premier de Zabou Breitman, si souvent descendu, comparé aux pires émissions télévisées. Les acteurs remis en cause, les clichés montrés du doigt et une réalisation de mauvaise presse ; ce film comporte t-il tant de défauts ?



Claire Poussin (Isabelle Carré) après un orage a du mal à trouver ses mots et décide de vivre dans l’institution « Les Écureuils » spécialisée dans les problèmes de mémoire. Certes, on trouve la situation typique du médecin chef ayant une relation avec une employée et d’autres petites maladresses, pourtant est-ce le plus important ? On oublie facilement les imperfections pour s’accrocher à cette multitude de personnages originaux grouillants aux « Écureuils ». On ne saisit que quelques détails de la vie de chacun, mais ils suffisent pour nous transporter dans cette clinique aux dialogues légers et joyeux, où la technologie ne fonctionne jamais et où les employés sont très peu payés. « Les Écureuils » ressemble peu à un hôpital ; ne serait-ce que le médecin chef (Bernard Lecoq) qui fait plus l’office d’un ami que d’un docteur. Féru d’œnologie comme l’un de ses patients, Philippe (Bernard Campan), ils partagent ensemble des nouveaux vins et des blind test passionnés. Aucune relation ne semble formelle parmi toutes ces personnes hors cadre. « Les Écureuils » est un monde à part, une institution idéale où la détresse est refoulée et où chacun mène sa vie à l’abri de la réalité.

Ce n’est que lorsque Claire et Philippe, tombés amoureux, décident de vivre ensemble indépendamment, que tout bascule. Affrontant la réalité, les obstacles surgissent et le couple peine à s’en sortir entre les réveils et les listes. Les souvenirs qui reviennent chez l’un mais s’estompent chez l’autre ne font qu’accroître les difficultés. Les gestes de la vie courante deviennent étrangers et faire un gâteau relève du défi ! Peut-être pensera-t-on que ces scènes sont disproportionnées et pas nécessaires mais elles illustrent très bien certains aspects de la vie des personnes atteintes d’Alzheimer. Claire, happée par la maladie, se perd dans une organisation à laquelle elle n’arrive plus à faire face. Désorientée, consciente de ses facultés diminuées, elle finit par se réfugier dans la féerie. Claire et Philippe, touchants comme l’est chaque couple qui savoure son bonheur, entraînent le spectateur dans leur relation aussi fragile qu’un château de cartes - « tu comprends, si je lui lâche la main, elle va s’envoler » commente Philippe à propos de Claire.