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LE CONCERTO DE LA PEUR
De José Bénazéraf
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Nora Rivière, jeune et belle laborantine, sort un soir avec un de ses collègues, dont le corps est retrouvé sans vie le lendemain. Soi-disant emmenée pour identifier le cadavre, Nora est conduite auprès d’Eric Wolf, un trafiquant de drogue aveugle qui joue de la trompette jour et nuit devant sa cheminée. L’étrange regard fixe du gangster émeut et fascine la jeune femme…



POINT DE VUE

Adapté d’un roman de Dominique Dorn inspiré d’un fait divers, Le Concerto de la peur, ou La Drogue du vice commence par une phrase du réalisateur José Bénazéraf qui avoue avoir été frappé par la puérilité de l’univers des truands dépeints dans le livre, animés par des jeux brutaux se rapprochant de ceux de l’enfance. Plus que de la puérilité, c’est surtout un sentiment de dérision qui est ressenti à la vue de la guérilla décimant deux camps de gangsters. Le film suit l’aventure de Nora Rivière (Yvonne Monlaur), jeune femme sans histoires qui devient une pièce maîtresse dans la guerre opposant deux clans de trafiquants de drogue. Progressivement la captive est attirée par le monde des gangsters, en établissant des liens particuliers avec ses ravisseurs, Eric Wolf (Hans Verner), caïd aveugle, trompettiste à ses heures perdues, et Waldo (Michel Lemoine), la première gachette d’Eric. Rongé davantage par la rancune que par l’ambition, Sacha Marjief (Jean-Pierre Kalfon) veut démanteler l’empire d’Eric, son ancien patron, pour se venger d’avoir toujours été traité avec mépris. Ayant fait prisonnier Fred (Marcel Champel), le frère d’Eric, Sacha propose un échange avec Nora qui constitue un témoin gênant dans une affaire de meurtre le compromettant. Mais Eric et Waldo regimbent à livrer Nora…

Original, Le Concerto de la peur l’est à plus d’un titre. Tout d’abord, la musique est signée et interprétée par le jazzman Chet Baker (1929-1988). Ensuite, le scénario prend le parti de rendre l’héroïne Nora bien plus antipathique que les malfaiteurs qu’elle côtoie. Il n’y a pas de transformation d’une pure jeune femme en créature pervertie par la pègre. Dès le début, le fruit est pourri. Non seulement la brune laborantine n’hésite pas à condamner à mort l’un de ses collègues poursuivi par un tueur, en le chassant de chez elle où il était en sécurité, mais une fois prise en otage chez Eric, elle trucide sans presque sourciller Wanda (Régine Rumen), sa sculpturale gardienne, pour s’enfuir. Enfin, lorsque Waldo maquille le meurtre de la fille pour que Nora ne soit pas inquiétée par la police, elle ne lui en témoigne aucune gratitude !