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LA NUIT LA
PLUS LONGUE

De José Bénazéraf
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Une bande de truands séquestre la fille d’un riche industriel dans une maison isolée. Dans ce huis clos tendu, entre déshabillage au couteau et strip-tease au fouet, va s’installer un lourd climat de violence et de volupté...



POINT DE VUE

A ses débuts, José Bénazéraf semble avoir été inspiré par les histoires d’enlèvement puisque Le Concerto de la peur, ou La Drogue du vice (1963) et La Nuit la plus longue, ou L’Enfer dans la peau (1964) partagent tous deux, non seulement une partition musicale signée du jazzman Chet Baker (1929-1988), mais aussi une héroïne captive, tissant progressivement des liens sentimentaux avec son ravisseur. Mais Virginie (Virginie Solenn), riche héritière enlevée pour une rançon dans La Nuit la plus longue s’avère davantage fragile et rêveuse que la froide laborantine Nora (Yvonne Monlaur) devenue monnaie d’échange dans Le Concerto de la peur. L’une comme l’autre vivront un amour impossible avec un gangster voué à une destinée tragique.

Le réalisateur brave encore la censure de l’époque, en filmant le truand François (Willy Braque) s’amuser à déshabiller sa maîtresse (Annie Josse) en lui découpant ses vêtements avec un couteau, devant ses comparses et Virginie, interdite. Nous est montré aussi un singulier strip-tease de deux femmes (l’une maniant le fouet en arborant une apparence assez « butch », l’autre plus féminine et dominée) faisant une représentation lascive dans un club privé. Apparemment circule aux Etats-Unis un montage différent du film rebaptisé Sexus, proposant en guise d’ouverture une séquence peut-être rajoutée par les exploitants américains, montrant deux femmes (l’une blanche, l’autre noire) se dénudant pour mieux s’étreindre. Abstraction faite d’une évidente patine intellectuelle faisant généralement défaut à ses homologues étrangers bien plus racoleurs, La Nuit la plus longue préfigure les « roughies », petits films indépendants de « sexploitation » mêlant sexe et violence, florissant au début des années 60 aux Etats-Unis. En particulier The Defilers (Lee Frost, 1965) dans lequel une femme était aussi retenue prisonnière par des malfrats, ainsi que The Touch of Her Flesh (1967), The kiss of Her Flesh (1968), et The Curse of Her Flesh, trois œuvres du fascinant Michael Findlay (1938-1977), spécialiste s’il en est de la luxure des bas-fonds new-yorkais.