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DVD

L’ENFER SUR LA PLAGE

De José Bénazéraf
Par Pascal LAFFITTE

SYNOPSIS : Alex, un ancien mercenaire retiré des affaires, vit sur un yacht ancré au large d’Antibes en compagnie de sa femme, la belle et hermétique Hélène, et de Jean, l’amant de celle-ci. Autour de ce trio, gravite Galatée, une blonde angélique, catalyseur des évènements tragiques qui vont se succéder dès lors que son passé trouble rattrapera Alex.



POINT DE VUE

Le texte introductif défilant avant le film est trompeur, en laissant à penser que L’Enfer sur la plage sera un film d’espionnage. En fait, José Bénazéraf se refuse à faire un métrage traditionnel d’espions. Il préfère davantage mettre l’accent sur le mal-être de ses personnages (Alex, l’aventurier à abattre ; Hélène, la femme infidèle désirant changer de vie et Jean, son amant qui est aussi le second d’Alex), que sur les scènes d’action que l’on aurait pu s’attendre à trouver dans une histoire traitant des manœuvres croisées des services secrets d’Angleterre et du Moyen-Orient, pour se débarrasser d’un ancien agent. Il y a certes quelques passages d’action, notamment une expédition commando qui tourne mal pour ceux voulant éliminer Alex, mais lesdites séquences sont loin de convaincre. Silencieuses le plus souvent, elles pâtissent de mouvements en accéléré qui les font ressembler à certains courts-métrages comiques du cinéma muet.

Suivant une forme de déterminisme, tout est planifié pour aboutir à la perte d’Alex. Probablement envoyée par les Anglais, une blonde se faisant appeler Galatée, comme la nymphe marine, entreprend de séduire Alex, afin de retarder le départ de son bateau, le temps qu’il se fasse tuer. Parallèlement, la blonde et dominatrice Ortrud, à la solde du Proche-Orient à qui Alex avait livré des armes inutilisables, dirige à grand renfort d’un appareillage de vidéosurveillance perfectionné, des opérations visant à le faire passer de vie à trépas. L’ambiance de L’Enfer sur la plage est assez désespérée. Dès le début le ton est donné avec la chanson mélancolique du générique « C’était trop beau », écrite par Sonny Bono et interprétée par Sylvie Vartan. L’enfer est moins sur la plage où des camps adverses vont clore le film en se tirant dessus qu’au tréfonds de tous les personnages, aux sentiments confus, manipulés par les services secrets. Dans les premiers longs-métrages de Bénazéraf revient souvent le mot « éternité », les protagonistes de ses histoires veulent que des moments, des sentiments durent toujours, mais sont inéluctablement confrontés à l’éphémère.