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  La Gazette du doublage : Je pense que vous avez encore d’autres actrices à nous citer ?

Gilberte Aubry : Oui, j’ai doublé une jeune actrice qui a complètement disparu, Wanda Hendrix. Cinq ou six petits films de série B, agréables, mais qu’on n’a jamais vus… J’ai aussi doublé quelques autres jeunes actrices : Betty Lynn dans La mariée du dimanche, Diana Lynn dans un film dramatique La rue de traverse. Là je pense que je ne “sortais” pas bien.
Ensuite, j’ai prêté ma voix aux actrices italiennes. Chez les Kikoïne, j’ai doublé Delia Scala dans Les années difficiles, Naples millionnaire, 11 heures sonnaient. J’ai doublé aussi Anna-Maria Pierangeli dans deux films tournés en Italie par Léonide Moguy. Dans Demain il sera trop tard, film écolo avant la lettre, on montrait à de jeunes écoliers la venue au monde d’un petit veau, ce qui indignait la directrice de l’école, jouée par Mme Gabrielle Dorziat, venue se doubler pour la version française, et que j’ai été heureuse de côtoyer là ! Quelle classe ! Piper Laurie (DR)J’ai aussi doublé des films avec Piper Laurie : Le voleur de Tanger, Francis aux courses, Le fils d’Ali Baba, La légende de l’épée magique et Le fleuve de la dernière chance que j’ai beaucoup aimé faire. Comme c’était une actrice très spontanée dans son jeu, je n’avais pas à me retenir.
Je pense aussi à Anna-Maria Ferrero dans Les deux vérités. C’était un film en deux parties. Dans l’une, elle était une ingénue perverse, et dans l’autre une mignonne jeune fille prise au piège. Naturellement, le rôle de la mignonne était tenu par moi. (rires). Je dois dire que Le Figaro était indigné que l’on ait fait ce doublage avec deux voix : « On a doté l’actrice Anna-Maria Ferrero d’une voix de mégère dans une partie du film, et dans l’autre d’une voix archangélique ! C’est inadmissible ! » Naturellement, la voix “archangélique” était la mienne…. L’autre était celle de Jacqueline Ferrière qui était très adroite. C’était une très bonne comédienne.

  La Gazette du doublage : On peut parler de la rencontre vocale avec Romy Schneider ?

Gilberte Aubry : C’était en 1955. Je travaillais chez les Kikoïne et c’est Jacques Willemetz qui avait repris leurs doublages à Gennevilliers. J’ai fait l’essai sur Les jeunes années d’une reine où on a vu que ma voix était très proche de la sienne..

  La Gazette du doublage : Comment s’est passé l’enregistrement ?

Gilberte Aubry : C’était déjà le doublage “à la bande”, donc beaucoup plus facile que celui “à l’image”. On était tous ensemble sur le plateau. Willemetz dirigeait les comédiens quand il ne confiait pas ce travail à Daniel Gilbert. Il me semble aussi qu’une fois, c’était Claude Péran qui nous avait dirigés dans un des films de Romy Schneider où il doublait lui-même un rôle. Jacqueline Ferrière travaillait également chez Willemetz. Elle s’occupait des distributions et corrigeait même les textes, je crois.