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VIENS VOIR LES COMEDIENS


Droit de mémoire(s),
Avignon années 1970,
de Melly Puaux
Par Nicolas VILLODRE


Melly Puaux a publié à compte d’auteur un livre intitulé Droit de mémoire(s), Avignon années 1970, qui juxtapose des points de vue différents permettant de se faire une idée d’un temps révolu où le théâtre et les comédiens rayonnaient chaque été, en France, à partir du célèbre festival de la cité des papes créé par Jean Vilar en 1947. Les acteurs, dans tous les sens du terme, de cette époque post-soixantehuitarde riche en expérimentations scéniques sont des metteurs en scène, des réalisateurs, des interprètes, des chanteurs, des danseurs, des chorégraphes, des critiques et des spécialistes en tous genres de l’art dramatique. Pour n’en citer que quelques : Michel Bouquet, Philippe Avron, Rufus, Catherine Dasté, Roger Kahane, André Benedetto, Carolyn Carlson, Jean Guizerix, Antoine Bourseiller. Bref, tout un programme, qui va de Georges à Robert Wilson.

Melly Puaux connaît le festival comme personne. Elle l’a vécu de l’intérieur. Elle fut comédienne avant de se consacrer corps et âme aux activités de la Maison Jean-Vilar pendant et après le départ des festivaliers et des fêtards, en et hors saison. Son mari, Paul Puaux, proche collaborateur de Jean Vilar dont, à défaut d’« évêque », il devint en 1967 l’administrateur, ancien résistant, instituteur détaché de l’Éducation nationale, dirigea le festival après la mort du metteur en scène, en mai 1971, ce jusqu’à la fin des années 70.

Melly réunit des textes qui permettent de se faire une idée de l’évolution du festival au cours des années. La manifestation, artisanale mais exigeante au début (« rêve de Vilar d’un lieu socratique où pourraient se rencontrer maîtres et étudiants, se marier diverses disciplines de création »), est devenue un monstre touristique, une foire plus qu’un festival proprement dit, comme si ceux qui en ont la charge depuis quelque temps éprouvaient l’angoisse du vide (on est dans le n’importe-quoi et le trop plein : trop de spectacles tuent la poule aux œufs d’or) et avaient peur du silence (la machine est devenue une cour des miracles bruyante, dont tout le tintouin, de jour comme de nuit, n’invite ni à la méditation ni à la réflexion).