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URBAN BALLET (2009)
de Jörg Jeshel et Brigitte Kramer
Par Nicolas VILLODRE

Nous avons eu l’occasion d’assister à l’avant-première à Berlin de ce documentaire d’Arte à la gloire du festival allemand « Tanz im August » qui a programmé l’année dernière, entre autres, le Semperoper Ballett, la Cie Akram Khan, la Cie Membros, Meg Stuart et Jeremy Wade, Dave St-Pierre, Olivier Dubois, Tecktonik, Hiroaki Umeda, Nasser Martin-Gousset, le Slovaks Dance Collective, Boris Charmatz.



Malgré quelque hésitation structurelle (tantôt, la partie concernant un artiste est précédée d’un bref entretien avec lui, tantôt pas ; quelquefois on use des numéros hystériques de la compagnie de Dave St-Pierre comme de transitions, quelquefois non ; par moments, on est dans le sujet et donc hors de la scène théâtrale, d’autres fois on se borne à filmer la performance ou des répétitions in situ, en intérieur), le film est honnêtement réalisé et rend objectivement compte de la programmation du festival (plusieurs chorégraphes programmés n’ont pas participé au film, sans doute pour des raisons pratiques, pas nécessairement pour des questions esthétiques ou éthiques). La bande son du documentaire est remarquable et le montage rythme allègrement le métrage.

Le seul problème, c’est que la programmation du festival ne nous a pas entièrement convaincu. On a comme l’impression qu’on se contente de reprendre les danseurs et les « chorégraphes » qui tournent dans une ronde sans fin dans tous les festivals de danse de France, de Navarre et d’ailleurs (Montpellier, Paris quartier d’été, Madrid, Vienne, etc.). Sauf exception (Hiroaki Umeda), ce qu’on a ici retenu du cru 2008 manque d’originalité, de créativité, de profondeur (c’était curieusement aussi le cas de la Berlinale). Le niveau est bas et le bât blesse. Par ailleurs, la direction artistique a fondu ou confondu des concepts qui n’ont rien à voir, comme la « non danse » (Meg Stuart ?), la pratique amateur (les gratinés Slovaks !), les phénomènes sociaux (les jeunes Brésiliens qui se réinsèrent par les arts martiaux et un semblant de hip-hop ou le danseur enrobé et autodidacte Olivier Dubois dont la performance relève plus du théâtre que de la danse) ou les tendances passagères de la mode, qu’on a déjà oubliées la saison suivante (la tecktonik).