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BAUHAUS IN ACTION
Par Nicolas VILLODRE


Cet été, nous avons eu l’occasion de visiter le Bauhaus de Dessau dont une partie fut endommagée pendant les bombardements de la Deuxième Guerre mondiale mais qui a été parfaitement restauré depuis, même si d’autres dégâts ont été provoqués par des (ir)responsables politiques locaux et des ersatz d’architectes ayant apparemment horreur du vide. Une mocheté de style Cogedim/BnF abritant un institut de design a en effet été accolée au bâtiment, l’étouffant en partie et empêchant le visiteur d’avoir suffisamment de recul pour contempler la magnifique réalisation conçue par Walter Gropuis au milieu des années vingt – la maquette du Bauhaus de Dessau qui était exposée en août au musée Martin Gropius Bau de Berlin montrait bel et bien le souci environnemental des concepteurs de cette école d’avant-garde qui avaient voulu la situer, certes dans une ville industrielle, mais près d’une forêt et d’un grand lac. Ceci dit, les bâtiments de béton et de verre aux proportions idéales méritent à eux seuls qu’on fasse le voyage à Dessau. Ils ont parfaitement vieilli – mieux que celui de Berlin qui fait un peu riquiqui, mieux que les cités « radieuses » de Corbu.

Dans ce cadre magnifique est présentée jusqu’en automne une très intéressante exposition filmique intitulée Bauhaus in Action, imaginée par Philipp Oswalt et Thomas Tode. On a d’une part les films d’avant-garde répertoriés depuis lurette par les spécialistes de la question (que ce soit Langlois, Mitry, Mekas, Kubelka, Noguez, Mazé, Willoughby, Beauvais, Lebrat, Bouhours ou Brenez) : Rhythmus 21, Symphonie diagonale, Ein Lichtspiel Schwarz-Weiss-Grau, etc. Mais également des reconstitutions d’œuvres de l’époque : Mensch und Kunstfigur (la scène au Bauhaus selon Schlemmer), Reflektorische Farblichtspiele, Rekonstruktion des triadischen Balletts und der Bauhaustänze (par ailleurs, au Martin Gropius Bau de Berlin, on pouvait voir un film couleur reconstituant le Ballet mécanique imaginé au Bauhaus par Kurt Schmidt et Georg Teltscher en 1923, soit un an avant la réalisation du film éponyme de Fernand Léger). Sans parler de perles rarissimes comme Le Mile, film magnifiant le coureur légendaire Jules Ladoumèque (entre parenthèses, nous avons fait le voyage de retour Berlin-Paris à côté de Guy Drut qui semblait assez déçu des performances françaises aux Mondiaux de Berlin), dont le chef op’ était Boris Kaufmann, le frère de Dziga Vertov, qui fut réalisé en 1934 par Jean Lods qui y jouait lui-même des Ondes Martenot...