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THE LIMITS OF CONTROL
un film de Jim Jarmusch
Par Nicolas REYBOUBET


Le nouveau film de Jim Jarmusch nous invite à suivre un étranger, solitaire et mystérieux, dans son voyage à travers l’Espagne. Il est chargé d’une mission hors-la-loi. Sa détermination et sa méticulosité sont sans faille. Seul son objectif l’intéresse, pourtant son périple est aussi un voyage intérieur. Il va croiser des personnages cocasses ou étranges. Ces rencontres le mèneront à sa cible ultime.



"Two coffee, in two separeted cups" annonce Isaach de Bankolé dans le nouvel opus de Jim Jarmusch. "Deux cafés, dans deux tasses séparées" voilà bien ce qu’il faut avaler avant de se rendre à la séance de ce film à suspens. Car c’est bien l’angoisse qui nous paralyse lorsque, enfermés dans cette salle sans issue, nous craignions de voir un jour le film se terminer ? La vie continue-elle dehors ? Les russes ont-ils attaqués ? Les extras terrestres débarqués ? Et ces immanquables cow-boys impérialistes ont ils, à jamais, réduits nos semblables à l’esclavage et au consumérisme ?!!

Car malgré la tribu de guest (JF Stévenin, John Hurt, Bill Murray..), les fesses de Paz de la Huerta (nom qui a lui seul enfièvre le plus ascète cinéphile), les autoréférences en vrac, la musique, excellente au demeurant, de Boris (rock nippon expérimental) et Bad Rabbit (le groupe de Jarmusch), ainsi que les ambitions de départ, The Limits of Control ne fait pas un film digeste. Le cinéaste le confie lui même dans le dossier de presse : "Le scénario s’est d’abord présenté sous forme d’une histoire de 25 pages. Je l’ai développé à mesure que nous faisions le film. (...) Nous travaillions donc toujours en restant aux aguets, toujours prêts (...) à laisser le film nous mener dans sa direction à lui.".

Je pensais vraiment qu’on avait laissé ces délires là dans les années 70, à Godard, à Rivette. Je suis de ceux, pourtant, qui vouent un culte à Ghost Dog, et défendent corps et âmes Broken Flowers, mais là j’ai l’impression que Jimi à participer à un 48 Hour Film Project. Ces compétitions où l’on se doit de réaliser un court métrage en un week-end, et où l’on a pour contrainte de placer répliques et objets tirés au sort. 48h plus tard, fête de fin de tournage inclue, le père Jarmusch rendait copie, en long métrage.

Par contre, nous pouvons le gratifier de ne pas s’être éloigné de la motivation initiale : "Pour moi, c’était plutôt : "Qu’es ce que ça donnerait si Jacques Rivette tournait un remake de Point Blank de Boorman ? Ou si Marguerite Duras tournait un remake du Samouraï de Melville ?"

Alors peut être que, dans cette société sans repaires, Jarmusch comme Lynch se sont fait mettre le grappin par un gourou scientologue sous acides, leurs expliquant que "Ford, Hathaway, Hitchcock c’étaient des craques. En fait, plus besoin de s’attarder sur le récit, les idées dramatiques et la cohérence avec le spectateur. Non, non.. ça c’était avant.. quand les gens allaient encore au cinoche !!"






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