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RAPT
Un film de Lucas Belvaux
Par Nicolas REYBOUBET

Synopsis : Homme d’industrie et de pouvoir, Stanislas Graff est enlevé un matin comme les autres devant son immeuble par un commando de truands. Commence alors un calvaire qui durera plusieurs semaines. Amputé, humilié, nié dans son humanité, il résiste en ne laissant aucune prise à ses ravisseurs. Il accepte tout sans révolte, sans cri, sans plainte, c’est par la dignité qu’il répond à la barbarie. Coupé du monde, ne recevant que des bribes d’informations par ses geôliers, Graff ne comprend pas que personne ne veuille payer la somme qui le délivrerait. Au-dehors, son monde se fissure au fur et à mesure de la révélation de sa personnalité. Tout ce qu’il avait réussi à garder d’intimité, son jardin secret, est révélé à sa famille par l’enquête de police ou celle de la presse. Chacun découvre un homme qui est loin de ressembler à celui qu’il imaginait.



POINT DE VUE

Au début de l’année 1978 une nouvelle affaire criminelle défraie la chronique : l’enlèvement d’un des plus riche industriel belge, à savoir le baron Edouard-Jean Empain. Cette affaire passionnante à plusieurs égards sera relatée dans l’excellent documentaire de Faites Entrer l’accusé en 2005.

C’est suite à la télédiffusion de cette enquête que le cinéaste Lucas Belvaux, belge à son tour, entreprend d’adapter l’histoire au cinéma.

Hélas la fiction ne dépasse pas la réalité. En effet par manque de budget- il en va ainsi dans le cinéma français ; serait-il malvenu de penser que lorsqu’un projet tricolore réunit autant de paramètres favorables, 1) une base narrative exceptionnelle 2) un casting admirable 3) un réalisateur qui a fait ses preuves, il serait heureux d’y mettre les moyens et ainsi d’assurer le rayonnement du cinéma français. Je ne suis pas expert en chiffre mais le Mesrine de Richet et le Prophéte d’Audiard ne jouent-ils pas dans la cour des grands ? - par manque de budget donc, Rapt est passé à côté de tout ce qu’il manquait au film de France2, à savoir la reconstitution. Costumes, actions et rigueur manquent à cet opus.

Là où le témoignage du rescapé nous prenait aux tripes- on se souvient de cet homme plein d’élégance et de phrasé soutenu- le personnage joué par Yvan Attal à du mal à convaincre.

Il faut avoir vu le documentaire pour se rendre compte de toute la dimension dramaturgique et fascinante que peut posséder cette histoire : haute société, fric, trahison, enquêtes, course poursuite et écoutes téléphoniques ; une histoire à la Friedkin, Lumet, Coppolla. Le film, qui au final ne se veut pas une reconstitution historique - s’attachant à l’enlèvement d’un personnage de fiction : le président Graff - reste trop proche de son inspirateur pour que le spectateur ne se sente pas floué.

Vous me direz que je fais fausse route, qu’il faut prendre le film pour lui même. Pourquoi tant de similitudes alors ? Le doigt coupé ? Les magasines people ? Le manque de compassion de ses proches ? J’ai l’impression d’avoir assisté à la projection de la moitié d’un projet. C’est une histoire qui aurait mérité d’être réalisé au cordeau. Documentation, faits et gestes. Une vision incomplète de ce que les faits divers peuvent révéler d’une société. C’est au sein d’un travail minutieux qu’un réalisateur peut donner sa version des faits, et ainsi contre-balancer l’imprécision médiatique.

Ce soir là, l’écran de cinéma semblait plus petit que l’écran de télévision.






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