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ENTRETIEN AVEC KARIM DRIDI
Dans les coulisses du Dernier Vol
Par Laetitia HEURTEAU

Cinq ans que le réalisateur Karim Dridi (Khamsa) porte en lui le projet d’adapter à l’écran le roman de Sylvain Estibal, Le Dernier vol de Lancaster. Quand Karim Dridi rencontre Marion Cotillard avant qu’elle ne reçoive le sacre de l’Oscar, celle-ci lui promet de faire le film dès son retour en France. Aux côtés de Guillaume Canet et Marion Cotillard, Karim Dridi peut alors lancer le tournage de cette épopée romanesque ambitieuse, et dont il nous présente ici les coulisses.



« J’apprends à connaître le monde en faisant du cinéma »

Qu’est-ce qui vous a motivé pour choisir cette histoire se déroulant dans le désert ?

C’est la rencontre avec le désert algérien en 2003, qui a fait que j’ai été fasciné par les gens que j’ai rencontré (les Touaregs notamment) et par la force des lieux. A partir de là, je me suis dit que j’avais envie de tourner un film-là, parce que le cinéma, c’est quand même une machine à explorer le temps incroyable. Je n’ai jamais été bon à l’école, je suis un autodidacte. J’ai appris le cinéma tout seul et j’apprends à connaître le monde qui m’entoure et à répondre à certaines questions que je me pose en faisant du cinéma. J’adore apprendre et la seule chose qui me motive, c’est de faire du cinéma. Donc j’ai appris beaucoup de cette période de l’histoire de France, du peuple des Touaregs, de sa langue, sa culture, mais aussi du fait de travallier avec deux grandes stars, avec contraintes.

Quels ont été finalement les premiers sentiments que vous avez ressentis en découvrant le désert et que vous avez voulu faire rejaillir dans le film ?

Mes premiers sentiments quand j’ai été dans le désert pour la première fois ont été de se retrouver seul face à soi-même, sans pouvoir se cacher derrière un miroir qui vous renverrait une image flatteuse ou déformée de soi-même, sans pouvoir se cacher finalement.

Le désert oblige à se poser des questions. Quand on est en face d’une femme ou d’un homme et entraîné comme ça dans un voyage initiatique qui va jusqu’à la mort, c’est me demander ce que représente l’amour pour moi ? Est-ce que c’est plus le désir d’aimer qui compte que l’amour véritable (c’est la question que pose le personnage de Guillaume Canet à celui de Marion Cotillard dans le film) ? Et le désert oblige à ça.