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THE WRESTLER
De Darren Aronofsky
Par Antoine BENDERITTER

Synopsis : Catcheur professionnel devenu célèbre, voici vingt ans, pour avoir battu “l’Ayatollah” dont il était le challenger, Randy Robinson, dit “le Bélier”, ne combat plus désormais que le week-end, dans des salles de dernière catégorie. Délaissé par sa fille qui lui reproche d’avoir été un père absent, il mène une vie solitaire et n’a pour confident, tarifé, qu’une gogo danseuse : Cassidy. On lui propose alors d’affronter de nouveau l’Ayatollah : perspective aussi excitante que potentiellement lucrative. Mais, à la suite d’un combat très intense, Randy fait un infarctus. Hospitalisé, il lui est fermement recommandé de mettre un terme à sa carrière, le risque devenant trop élevé.


Idoles sacrifiées

D’où vient cette sensation de pureté qui émane de The Wreslter ?

Peut-être de la simplicité linéaire de sa narration : le lutteur interprété par Mickey Rourke est le fil directeur de chaque scène, le pivot de tout le film.

Peut-être aussi du contraste entre la sobriété de la mise en scène et le chaos barbare qui palpite à l’écran dès les premières minutes.

Peut-être enfin de l’absence de fioritures : pas de montage clippesque, pas de re-création artificielle d’un monde en couleurs saturées et grands angles déformants, mais une approche quasi documentaire, toute en plans-séquences branlants et à hauteur d’homme : style évoquant les frères Dardenne (Rosetta…), et qui surprend de la part du réalisateur tapageusement virtuose, voire artificieux, de Requiem for A Dream.

L’émotion distillée par The Wrestler semble donc tributaire de cette logique de l’épure : tout est réduit à l’essentiel, que ce soit d’un point de vue thématique, formel, narratif ou psychologique. Ne reste qu’une étonnante sensation d’authenticité, presque de nudité. Or, comment le film finit-il par en arriver là, à ce point incandescent d’émotion, après être si mal parti ? Peut-être, justement, en étant si mal parti. En puisant ses racines dans ce que nos propres clichés associent à l’infâmant ou au grotesque. Et dès lors, en jouant d’une différence de potentiels pour tracer sa trajectoire, imposer sa fulgurante dynamique.