Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

66ème MOSTRA DE VENISE
2 au 12 septembre 2009
Compte rendu
Par Catherine MELET

La 66ème édition de la Mostra de Venise s’est tenue du 2 au 12 septembre 2009, avec une sélection comprenant de bons films et quelques pépites. Côté vitrine, les vedettes américaines ont assuré le côté glamour de la manifestation avec le concours de quelques stars locales pour mettre en avant un cinéma italien qui court toujours derrière son talent et son prestige d’antan.



Voici donc quelques chroniques de cinéma au temps de Silvio Berlusconi.

“Baaria”, de Giuseppe Tornatore, avec Franscesco Scianna, Margareth Madé, Italie, 150’
La soirée d’ouverture a donné lieu à la grande opération superproduction italienne avec stars italiennes sur le tapis, à l’exception tout notable de Monica Belluci, qui, il faut avouer, fait juste deux apparitions dans le film de 30 secondes chacune.
Baaria raconte trois générations d’hommes siciliens, des années 20 aux années 80. Produit par la société Medusa dans laquelle un certain cavaliere à des capitaux, le « paquet » a été mis pour faire une fresque grandiose de 60 ans d’histoire de la Sicile. Si ce très long métrage de 2h30 est une mine d’informations pour qui ne connaît pas l’histoire récente de l’Italie, il échoue à nous rendre vraiment émouvants ces personnages qui pourtant appartiennent à l’histoire intime du réalisateur. Malgré une évidente bonne volonté, Giuseppe Tornatore raconte l’histoire par le biais quasi-exclusif d’anecdotes amusantes. Mais à force d’enchaîner à vive allure les historiettes, nous n’avons pas le temps d’approcher et de comprendre les personnages. Nous ne ressentons aucune empathie et le film reste très illustratif. L’ironie veut que pour le générique de fin, aient été utilisé des petits films certainement familiaux de la vie en Sicile de la famille du réalisateur et là… malgré l’image imparfaite et les couleurs comme blanchies par le soleil, l’émotion arrive enfin… trop tard.

“The Road”, de John Hillcoat, avec Viggo Mortensen, Charlize Theron, USA, 120’
Tiré du best-seller The Road de Cormac MacCarthy, ce film raconte le périple d’un père et son fils qui, après une catastrophe apocalyptique d’une origine inconnue, cherchent à survivre et suivre une route vers la mer. Bien joué, mis en scène et doté d’une très belle photographie et de décors désolés (dont l’utilisation des rues de la Nouvelle-Orléans après le passage de Katrina), ce film, un peu long, ennuyeux et plombé par une musique envahissante, posent néanmoins un certain nombre de questions intéressantes sur l’imaginaire nord-américain.
Le but avoué du réalisateur est d’évoquer les relations père-fils, d’étudier ce qui relève de la transmission. Malheureusement, le message semble se limiter à « tout homme rencontré représente un danger à abattre », ce que l’enfant ne semble pas tout à fait partager et l’évolution de l’histoire montrera qu’il n’a pas tout à fait tord. Non, ce qui est particulièrement troublant dans ce « road movie post-apocalypse » se situe dans le creux du film : une forme de western, comme si, après l’apocalypse, l’Amérique redevenait une forme de terre vierge à reconquérir et où les hommes retrouveraient la force primitive des premiers colons. Au terme du périple et du film, le spectateur peut se sentir étrangement mal à l’aise : « tout ça pour ça » ou le sentiment pesant que la société à terme redeviendrait la même et mènerait dès lors à la même catastrophe. A tout point de vue, nous n’aurions rien appris…