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NOEL PEARSON
Entretien réalisé
le 13 octobre 2009
à Dublin par Andrea Grunert
par Andrea GRUNERT

Si dans la littérature anglophone et la musique populaire les Irlandais occupent une place prédominante, il n’en est pas de même pour le cinéma. Depuis la fin des années quatre-vingts le cinéma irlandais a pourtant eu ses moments de gloire. Des réalisateurs comme Jim Sheridan, Neil Jordan ou Pat O’Connor réalisent maintenant des films en Irlande et pour le marché international, américain surtout. Des acteurs comme Liam Neeson, Colin Farrell, Gabriel Byrne ou Pierce Brosnan travaillent, eux aussi, sur les deux continents.



Ce fut My Left Foot, distribué en 1989, qui a marqué le tournant. Le film a connu un succès international, fut nominé pour cinq oscars et en a remporté deux. L’homme derrière cette oeuvre est peu connu du public en dehors de son pays : le producteur Noel Pearson. Il est devenu depuis ce premier grand succès une figure-clef du cinéma irlandais. Après My Left Foot, Pearson a produit des films de fiction tels que The Field, Frankie Starlight, Gold in the Streets ou Dancing at Lughnasa et des films documentaires pour la télévision sur Bram Stocker, l’auteur de Dracula, sur Brian Friel, l’auteur dramatique irlandais contemporain, ou encore sur le musicien Ronnie Drew, fondateur du célèbre groupe The Dubliners. Ses activités de producteur de films pour le cinéma et la télévision sont inséparables de celles de producteur de pièces de théâtre - en Irlande et à New York. Ce sont alors les oeuvres littéraires - romans et pièces de théâtre - qui sont souvent à la base des films produits par sa compagnie de production Ferndale Films.

Objectif Cinéma : Comment est-ce que vous êtes devenu producteur de films ?

Noel Pearson : Il y eut un moment, bien que bref, où je me suis occupé de Christy Brown . Quand il est mort en 1981, j’étais à New York travaillant sur une pièce à Broadway qui n’est restée qu’une seule nuit à l’affiche. Je me suis dit : « Qui sait si je ferais encore une fois du théâtre ? » À ce moment, j’ai relu My Left Foot . En fait, il était impossible d’obtenir les droits pour le grand roman de Christy Brown, Down all the Days [Celui qui regardait passer les jours], car son agent les avait vendus à quelqu’un à Channel Four. Comparé à Down all the Days, My Left Foot est beaucoup plus direct, plus simple. Alors, je me suis adressé d’abord à Shane Connaughton et ensuite à Jim Sheridan qui vivait à New York. Jim Sheridan et moi, nous nous sommes rencontrés et il a décidé de faire le film.