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VALSE AVEC BACHIR
de Ari Folman
Par nicolas ONNO

Synopsis : Début des années 80. Beyrouth occupé. Ari Folman est un jeune soldat israélien plongé dans la première guerre du Liban. Un passé encombrant que son inconscient a oublié. Vingt ans plus tard, il part à la rencontre de ses camarades de combat pour tenter de boucher les trous de sa mémoire défaillante.



POINT DE VUE

Anneau à l’oreille, barbe grisonnante et regard bleu délavé, Ari Folman a une bonne tête. En personnage animé, ça marche aussi. Avec le concours de son comparse, l’illustrateur David Polonsky, le réalisateur israélien, 46 ans, se met en scène avec une sincérité qu’on devine expiatoire. « Ce film est comme une thérapie », glisse-t-il. En quête de ses souvenirs enfouis, le cinéaste et scénariste d’âge mur Ari Folman questionne Ari Folman le bleu de Tsahal qui, clope au bec, est embarqué bien malgré lui dans l’opération « Paix en Galilée »(juin 1982).

Tout commence à quarante ans. Nous sommes en 2002. Alors réserviste – en Israël, après un service militaire obligatoire de trois ans, un soldat peut être incorporé jusqu’à 45-50 ans –, Folman désire quitter l’armée. Pour ce faire, il se soumet à un programme expérimental avec un psychothérapeute afin d’analyser ce que fut son rôle et sa perception de ces années données à l’Etat hébreu. Après les séances, surprenantes – il ne se rappelle rien –, Folman prolonge sa réflexion en échangeant ses impressions avec famille et ami, dont Boaz, ancien frères d’armes qui lui confie faire toujours le même cauchemar, où il est pourchassé inlassablement par 26 chiens fous. C’est le point de départ.

Couplée à la B.O. obsédante de Max Richter, l’intense palette graphique, distillant flash-back moites, visions cathartiques et hallucinations dans des teintes monochromes soit cuivres, ocres ou bleutées, rend parfaitement le décryptage du phénomène d’amnésie partielle qui touche les témoins impuissants d’un massacre, celui des camps palestiniens de Sabra et Chatila par les milices chrétiennes libanaises. A l’heure où les productions Pixar envahissent les écrans, il faut saluer l’exigence de la démarche. D’autant que le processus de création est long et coûteux : il faut au moins deux semaines pour générer le mouvement d’un homme fumant nonchalamment une cigarette. Si ça ne va pas, tout est à refaire.