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IDEES #13
Idées éparses sur quelques films
Par Johannes HONIGMANN


Têtes coupées, membres tranchés, corps transpercés de part en part : la bataille qui clôt la première partie d’Intolérance est une des batailles les plus sanglantes et les plus brutales jamais mises en scène. Il a fallu attendre cinquante ans pour retrouver un niveau comparable de violence dans un film destiné au grand public. La bataille qui clôt la seconde partie des Nibelungen de Fritz Lang s’en inspire mais est déjà édulcorée. On retrouve l’influence de Griffith jusque dans Par le feu et l’épée, superproduction polonaise, et bien entendu dans Le Seigneur des Anneaux. Des plans de troupe en marche, couvrant tout l’horizon, semblent tout droit sortir d’ailleurs d’Ilya Mouromets d’Alexandre Ptouchko.

Ptouchko, ce grand novateur, parlons-en, justement : dans Le Conte du temps perdu, réalisé en 1964, on trouve déjà ce procédé technique très populaire quarante ans plus tard : la caméra sur chariot tourne furieusement en rond autour d’un personnage qui, lui aussi, tourne en rond, mais dans le sens inverse.

Dans Oblomov de Gontcharov il est pourtant dit et répété que les favoris du domestique Zakhar sont de dimensions phénoménales – pourquoi Mikhalkov dans son Quelques jours de la vie d’Oblomov n’en a-t-il pas tenu compte ?

Jean van Hamme a-t-il vu Quatermass IV  ? L’idée de faire exploser une bombe nucléaire/à hydrogène dans le champ d’un rayon aspirant envoyé par une entité maléfique. Et La machination Voronov, c’est déjà celle de Donald Pleasence dans Un espion de trop.

Les films de gangster de Lucas Belvaux (Cavale, Rapt ) ont un rythme, une esthétique tellement années soixante-dix qu’on jurerait qu’il a fait appel à l’équipe technique, équipement compris, de Mort d’un pourri pour le tourner. C’est d’ailleurs en voyant Belvaux contrefaire le Delon dans Cavale qu’on réalise réellement qu’on n’a jamais remplacé ni ce dernier, ni Ventura et consorts.