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TENGRI
LE BLEU DU CIEL

De Marie Jaoul de Poncheville
Par Andréa GRUNERT

Synopsis : Après avoir été expulsé de la France, l’immigré clandestin kazakh Temur retourne sur les terres de ses ancêtres, à savoir les montagnes kirghizes où il espère retrouver son père. Apprenant la mort de ce dernier, il trouve du travail saisonnier sur les pâturages en haute montagne. Il y fait la connaissance d’Amira dont l’époux Shamhi a rejoint les talibans en Afghanistan et tombe amoureux de la jeune femme. Après le retour du jaloux Shamshi, les deux amants décident de s’enfuir afin de mener une vie libre loin des contraintes imposées par la société traditionaliste.



POINTS DE VUE

Le port de Calais, la nuit : plusieurs hommes attendant dans le noir se mettent soudain à courir. L’un d’eux se rend compte, trop tard, de l’arrivée des policiers qui a fait fuir ses camarades. Les policiers le jettent par terre et le menottent. Le basculement de la caméra mobile accompagnant le brusque corps à corps se rajoute à la violence de l’action afin de l’augmenter. Se détachant à peine de la pénombre, Temur, le protagoniste de Tengri, n’est plus qu’un corps morcelé. Réduit à une silhouette dans le noir, il représente le clandestin qui reste un être anonyme pour les policiers. Plus tard, Temur raconte son itinéraire de la mer d’Aral à Calais aidant ainsi le spectateur à comprendre la première séquence filmée sans dialogues.

La séquence nocturne imprégnée de violence qui fait naître un sentiment d’oppression est mise en contraste avec le plan suivant, celui du ciel bleu dans lequel s’envole un oiseau de proie. A l’espace urbain fragmenté par l’ombre qui absorbe la figure humaine renvoyant à l’idée d’un être dont l’identité est ébranlée, cède le ciel bleu, c’est-à-dire "tengri", le Dieu du ciel selon la mythologie turque. L’image du ciel aussi bien que les plans d’ensemble des grandes étendues, des steppes à perte de vue et des montagnes majestueuses en Kirghizistan ponctuent le film de la réalisatrice française Marie Jaoul de Poncheville, inspiré du récit Djamilia de Tchinguiz Aïtmatov (paru en 1958 et traduit en français par Louis Aragon). Revenant de manière presque obsessive, ils révèlent immédiatement leur fonction symbolique en tant que garants de liberté et d’équilibre.