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LA RUE DU BONHEUR (2009)
de Sylvie Kuhn
Par Nicolas VILLODRE


Ce court musical, cette historiette sans autres paroles que celles des « lyrics » des ballades et des volutes lettristes qui viennent se superposer par endroits à l’image, façon dépêches d’agence défilant de droite à gauche, puis inversement, en formant de capricieuses arabesques – mirages ou hallucinations visuelles –, juxtapose plusieurs compositions conçues par l’auteure et arrangées par Laurent de Gasperis – lequel, soit dit en passant, signe aussi le beau titre « La Décision ».

La Rue du bonheur dont il est ici question n’est pas celle dont traite Rachel Hausfater dans un de ses romans pour ados. Ni celle qui, à Montauban, désigne, paraît-il, l’ancienne rue d’Auriol et, à Baga, la rue la plus chaude, en termes de plaisir monnayé. C’est probablement celle de la Mélodie du même nom (The Sound of Music, en v.o.), transposée pour les besoins de la cause en un Paris « pur jus », naturaliste et déréalisé, désaffecté, quelque peu improbable.

Ce Paris appartient à la poésie popu d’antan. Son imagerie et ses romances de bord de l’eau rappellent les courts métrages impressionnistes de Marcel Carné et de Jean Dréville, Nogent Eldorado du dimanche et À la Varenne, qui annonçaient la période d’innocence de l’après-turbin, l’âge d’or des congés payés, le temps bénit des 35h. Sauf que nous ne sommes pas en banlieue, extramuros, sur les rives de la Marne et de ses guinguettes mais bel et bien au centre de la cité, quais de Seine, rive gauche, bien entendu. Rappelons que jadis, dans les années cinquante, en extérieurs également, in situ et non en studio, Louis Cuny avait tourné un curieux ciné-ballet chorégraphié par Béjart, Tour Eiffel Idylle, censé se passer au temps de la valse et de la Belle Époque.