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Berlinale 2010 :

THE GHOST WRITER

de Roman Polanski
Par Nicolas VILLODRE

Ce film a obtenu un ourson d’argent à l’issue de la 60e Berlinale, pour des raisons corporatistes autant sans doute que pour ses qualités intrinsèques...



Certes, c’est plutôt bien fait dans l’ensemble (dans le détail, il faudrait voir, mais on ne va pas chipoter, ce n’est pas le genre de la maison), excellemment joué par les deux principaux comédiens (auteur et réalisateur semblent s’être désintéressés des deux personnages féminins, de la blonde comme de la brune), cela a le goût du thriller ancré dans l’actualité la plus quotidienne (avec mise en cause d’une personnalité politique de premier plan, que tout un chacun a toujours trouvée suspecte, l’allusion au jeu du lobby de l’armement ainsi qu’à celui des services secrets dans les conflits récents, les abus de pouvoir et les accusations de crimes de guerre). Mais cette mécanique tourne à vide.

L’opus dure quarante-cinq minutes de trop, ce qui n’est pas le plus grave – pas évident de monter un film par téléphone depuis la paille humide d’un cachot. Surtout, le scénario (on est dans le cinéma narratif, faut-il le rappeler ? pas vraiment dans l’avant-garde) est des plus légers, linéaires, prévisibles, Sans aucun suspense, le moindre rebondissement, l’once d’une surprise. De ce fait, le fait divers prend le dessus sur le film – la friction naturaliste revient au galop et recouvre la fiction proprement dite.

La théorie du complot ou plutôt la vision paranoïaque, quelque peu critique sur les bords – d’essence surréaliste –, n’est délivrée qu’à petites doses, par quelques allusions distillées au cours de l’enquête du « nègre » sur le personnage politique dont il est chargé d’arranger la biographie, dans la deuxième partie du récit. Ce qui est suggéré n’est pas simplement le message poujadiste : « tous pourris ! » mais bel et bien que nos gouvernants – et pas seulement les hommes politiques britanniques au sourire figé – peuvent bel et bien être des agents de la C.I.A. dormants, recrutés dans leur tendre jeunesse dans les grandes écoles ou dans les universités réputées (cf. http://www.objectif-cinema.com/spip.php ?article5001).