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Berlinale 2010 :

TANZTRÄUME / RÊVES DE DANSE

de Rainer Hoffmann et Anne Linsel
Par Nicolas VILLODRE


Sous-titré Des adolescents dansent Kontakthof de Pina Bausch, le film d’Anne Linsel et Rainer Hoffmann est la première bonne surprise de cette soixantième Berlinale qui, une fois étant ici coutume, a fait son plein de navets en tous genres. Le film a été projeté en pellicule, ce qui est devenu rarissime à l’heure du D-Cinema – le thriller de Scorsese était également couché sur ce vieux support fragile, qui s’avère être un véritable piège à poussière, à scratches et à rayures, comparé au numérique décrypté et agrandi par la lanterne magique du Barco. On imagine l’adresse du caméraman, Rainer Hoffmann, qui est parvenu à se faire oublier et à se faufiler un peu partout pour pouvoir obtenir des réactions « spontanées » de la part des protagonistes.

Le milieu de la danse allemande était présent à cette matinée de gala. Aussi bien Dominique Mercy, l’un des solistes du Tanztheater de Wuppertal, qui a salué les milliers de spectateurs rassemblés dans cette salle du Friedrichstadtpalast, un théâtre improbable, monstrueux qui, heureusement, ne ressemble à rien d’autre du point de vue architectural) ; que Lutz Gregor, le réalisateur spécialisé dans le film de danse contemporaine depuis de nombreuses années ; ou que le nouveau venu dans ce domaine, Wim Wenders, venu en famille, dont on attend avec curiosité le résultat de sa collaboration avec Pina Bausch.

Le pari de faire jouer une pièce historique de la chorégraphe allemande récemment disparue par des adolescents après avoir revu et corrigé cette même œuvre par des vieux était risqué et on s’attendait à voir un produit fini relevant de la méthode Assimil de l’Ausdrucktanz ou de l’ouvrage du type Le Tanztheater expliqué aux nuls. D’autant que, formellement parlant, les auteurs n’ont aucunement cherché à innover en matière de documentaire télé. Sagement, les scènes descriptives se succèdent et sont entrecoupées de contrechamps signifiants ou d’entretiens avec les personnages du film. Logiquement, le travail de répétition aboutit au spectacle de fin d’année…