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Berlinale 2010 :

MÉTROPOLIS

Par Nicolas VILLODRE


Chaque jour, ou presque, on retrouve, en un lieu ou un autre de la planète, à Moscou ou à Tokyo, à New York ou à Paris, à Munich ou à Buenos Aires (c’est d’ailleurs dans cette capitale qu’on est tombé, il y a quelques années, sur un négatif… 16mm qui, via le musée du film Pablo Ducros Hicken, a permis de se faire une meilleure idée du film), des plans qu’on croyait à jamais perdus du chef d’œuvre de Fritz Lang, Métropolis. Parfois, ces images sont enchaînées à rebours de ce qu’on croyait juste, logique ou probable, montées différemment des versions répertoriées par les historiens du cinéma en général et les spécialistes de ce film en particulier – des gens qui, comme Enno Patalas, ont consacré leur vie à le reconstituer, par un travail qui rappelle celui de Sisyphe, un opus relevant du puzzle ou du maelström.

Pour ce qui est de l’accompagnement sonore de la chose, tout a été tenté. Le rock, la techno, la variète (Giorgio Moroder), la musique contemporaine (Moravioff). Cette année, pour son soixantième anniversaire, la Berlinale se devait d’apporter une nouvelle fois sa pierre à cet édifice du carton pâte made in Babelsberg qui a fasciné toutes les générations de cinéphiles, ce bien avant la première édition du festival, dès la sortie du film en 1927.

On a donc projeté Métropolis à Berlin, à la fois au théâtre du palais de Frédéric et... en plein air, ce qui était une bonne idée au départ mais un pari risqué, compte tenu de la température sibérienne ambiante - l’écran était arrimé à l’arc triomphal de la porte de Brandebourg. Le film a été restitué aux milliers de spectateurs du théâtre et aux kamikazes ayant fait le déplacement à la frontière des deux Allemagne d’autrefois, à l’état de quasi-complétude. Il convient de préciser que la version finale (à ce jour !) a été reconstituée grâce au Friedrich-Wilhelm-Murnau-Stiftung. Pour accompagner en direct les images signées des géniaux Günther Rittau et Karl Freund, on a fait appel au Rundrfunk-Sinfonieorchester de Berlin qui a interprété « live » mais à l’abri, à quelques centaines de mètres de distance, la musique originale écrite à l’époque par le compositeur Gottfried Huppertz.