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Berlinale 2010 :

THE KIDS ARE ALL RIGHT

de Lisa Cholodenko


On y a été pour Julianne Moore. Pour sa blancheur et sa rousseur légendaires. Malheureusement, on a déchanté vite fait bien fait. Le pire, c’est que ces inepties que pondent de nos jours les universitaires fraîchement émoulues ou masterisées en « écriture scénaristique » semblent amuser la galerie, autrement dit les milliers de critiques du monde entier assistant à l’avant-première de ce genre d’idioties. Comme si ces imbecillités représentaient désormais le nec plus ultra en matière de ciné popu (voire, « indépendant ») à l’américaine. Dire qu’Hollywood a été autrefois le pays d’accueil, le théâtre ouvert, le moyen d’expression, le support ou le média privilégié de spécialistes de la comédie, comme Lubitsch, Capra ou Wilder !

Est-ce que cela change vraiment quelque chose, sur le plan esthétique (le seul qui nous importe vraiment) que les minorités sexuelles soient devenues de nouvelles autorités morales ? La donnée sociologique des hippies au pouvoir – le fonds de commerce d’auteurs réacs comme Houellebecq – est devenue un thème banal. Du coup, la belle Julianne se doit, pour les besoins de la cause, de rouler des pelles à la pelle à sa vieille copine aux faux airs de Claire Chazal. Et, le cas échéant, de la gnougnouter sous les draps. Le couple, à part ça, n’a aucun, mais alors aucun problème sérieux. Tout baigne, tout va pour le mieux.

Aucune épreuve sociale ne viendra jamais rien contrarier. Les enfants nés de père inconnu donneur de sperme se posent les questions de leur âge ? Quoi de plus normal ! Tout ça s’arrangera, comme chantait naguère Momo. Et, surtout, féministe moralis oblige, l’éphémère tentation hétéro de la pulpeuse rouquine sera étouffée dans l’œuf.