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Berlinale 2010 :

LES PHOTOS DE STARS DE GUNDLACH

Par Nicolas VILLODRE


La Berlinale est l’occasion de programmer non seulement du film mais aussi du non-film. La cinémathèque allemande a présenté deux expositions très différentes qui se sont tenues au musée du cinéma de Potsdamer Platz, l’une sur Métropolis, dont nous avons eu l’occasion de parler par ailleurs, l’autre consacrée à la star européenne par excellence, la belle Romy. Romy Schneider (http://www.objectif-cinema.com/spip.php ?article5237). Vienne-Berlin-Paris. La star austro-germano-française se retrouve sur l’affiche de la rétrospective du photographe qui a illustré les principaux magazines allemands des années soixante, Franz Christian Gundlach, qui a occupé plusieurs grandes salles du Martin-Gropius-Bau.

Né en 1926, formé dans les années quarante à la fameuse école de photographie de Kassel, Gundlach n’a, apparemment, rien d’un photo-reporter. Les événements – non des moindres – du deuxième conflit mondial sont absents de son imagerie qui, au contraire, cherche plutôt à idéaliser le réel.

Sa Madonna de 1943, un portrait de paysanne symbolisant la féminité éternelle (en réalité, il s’agit de sa propre mère), n’a donc rien de naturaliste. Le portrait plus récent de Beschka en tzigane, photographiée en couleur, est un peu le contraire, le jeune mannequin éthéré, presque immatériel, incarne une beauté plus quotidienne. Ses exercices de style des années quarante rappellent, s’il le fallait, que l’Allemagne a, dès les années vingt, été pionnière dans la novation photographique, tous domaines confondus : aussi bien dans l’esthétique (cf. la Nouvelle objectivité) que dans la théorie (cf. Walter Benjamin) ou dans la technique pure (l’invention du Leica a révolutionné le photojournalisme : cf. http://www.objectif-cinema.com/spip.php ?article5217).

Assez vite, le jeune homme aux traits fins se tourne vers les mondanités. Avec son Rollei, il tire le portrait de jeunes femmes : Constanze Kupferberg (1948), Sofia Loren qu’on découvre vêtue chastement d’un petit pull à col roulé (1956). Il ne tarde pas à se faire une réputation dans la photo de mode et sa carrière est lancée les années cinquante venant. En 1951, le galeriste parisien Jean Robert organise sa première exposition rue Jacob. Ses clichés de Bettina pour Dior (1952) sont publiés par la presse spécialisée. Il alternera par la suite portraits de stars de l’époque (cf. Marina Vlady, par exemple, cf. http://www.objectif-cinema.com/spip.php ?article3677), prises de vue des mannequins habillés par les grands couturiers français ou allemands et de très belles compositions dans l’air du temps (le négligé hippy en couleur sur fond de pyramides de sa série « Flower Power »), les agencements contrastés pop et op’ (les géniales trouvailles de Courrèges) ou plus personnelles (les grands formats saisissants du point de vue plastique). Son bagage technique est tel que les plus grands magazines publient ses images.