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Berlinale 2010 :

THE KILLER INSIDE ME

de Michael Winterbottom
Par Nicolas VILLODRE


Toujours cette demi-heure de trop qui aurait pu à la rigueur se justifier si les bonnes ballades puisées aux répertoires country, blues et rockabilly qui émaillent la B.O. du film avaient été restituées dans leur intégralité. On peut aimer le romancier de la série noire Jim Thompson et reconnaître que ses personnages de tueurs psychopathes dataient déjà un peu beaucoup du temps de leur découverte et de leurs brillantes adaptations écraniques, dans les années soixante-dix. Il faut dire qu’on a connu mieux depuis, dans les romans comme dans les faits-divers.

Le parti pris musical, les vêtures, les parures, les voitures, les paysages, les appartements, les bars, bref tout le profilmique, audio et vidéo confondus, a quelque chose de daté, d’intemporel, dans ce film narratif situé dans un bled de l’Amérique la plus profonde. On n’est pas vraiment dans un univers de novation mais au contraire dans le bon vieux temps de la fiction ou du cinéma de papa.

Ceci dit, la réalisation tient tout de même la route, même si l’académisme est au poste de commande. Les comédiens sont parfaitement dirigés. Dans-la-famille-Affleck-je-voudrais-le-frère, Casey. Bonne pioche. Le jeune premier assure avec sa petite voix douceureuse de pré-pubère, son phrasé sans articulation tout en dents serrées, ses sourires inattendus mais entendus voire pleins de sous-entendus.

Le seul problème est que le réal ne cherche aucunement à styliser quoi que ce soit, pas en tout cas ses deux scènes de violence (une par heure, le reste du film étant composé de silences, de dialogues théâtraux et de non-dits psychologisants). Deux scènes gratinées, filmées avec complaisance, sans aucune distance, dans leur durée réelle ou vraisemblable et dans un style gore.

« Shame on You », dit la chanson qui conclut le film…