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Claude Giraud (c) La Gazette du doublage - 2009
CLAUDE GIRAUD
Comédien

Entretien réalisé
le 27 mai 2009
par François JUSTAMAND

Remerciements
à Jenny Gérard
et à Pascal Laffitte


Ancien sociétaire de la Comédie-Française, Claude Giraud est l’un des plus remarquables comédiens de sa génération. Jeune premier dans les années 60, il a interprété Morgan le héros du feuilleton télévisé Les Compagnons de Jéhu. On se souvient aussi de lui dans le rôle de Philippe de Plessis-Bellières dans la saga des Angélique, ou encore de son rôle de Slimane, le compagnon d’infortune de Louis de Funès dans le célèbre film Les aventures de Rabbi Jacob.
Mais Claude Giraud, c’est aussi une grande voix de doublage depuis plusieurs décennies. Il est le double vocal de Robert Redford et de Tommy Lee Jones dans presque tous leurs films. Il a aussi prêté sa voix suave à Harrison Ford dans Les aventuriers de l’arche perdue, à Sean Connery dans Le nom de la rose, à Liam Neeson dans La liste de Schindler, ou encore au personnage d’Ulysse dans le dessin animé des années 80 Ulysse 31. Depuis presque une décennie, il double également le comédien Alan Rickman (le mystérieux professeur Rogue) dans la saga des Harry Potter.
Claude Giraud est un homme très discret et assez peu médiatisé. Il nous a fait l’honneur d’une rencontre où il a bien voulu évoquer avec nous sa riche carrière.



La Gazette du doublage : vous êtes né à Chamalières. A quel âge avez-vous eu la vocation de devenir comédien ?

Claude Giraud : J’ai eu la vocation assez tôt car j’avais l’occasion d’aller beaucoup au cinéma à Clermont-Ferrand. J’avais un oncle qui possédait plusieurs salles de cinéma. J’ai vu plusieurs films de l’âge d’or du cinéma américain. J’adorais les films avec Gary Cooper ; cela me faisait rêver. Ensuite j’ai découvert Richard Burton qui est un des plus grands acteurs qui soit. Et puis, il y avait aussi le cinéma français avec ses vedettes de l’époque telles que Gérard Philippe, Jean Marais qui ont participé à cette découverte et à cette passion.

La Gazette du doublage : Quelle a été votre formation ?

Claude Giraud : Je suis resté dans ma province jusqu’au baccalauréat. Ensuite, je suis monté à Paris pour en principe faire une licence de lettres. Je me suis inscrit dans un cours de comédie : l’école du Vieux Colombier, rue du Conservatoire pour commencer à voir un peu ce qu’était ce métier dont j’ignorais absolument tout puisque personne dans ma famille n’était comédien. J’ai découvert le métier comme cela et j’ai donc abandonné très vite ma licence de lettres pour me consacrer au théâtre. J’ai fait le Centre de la rue Blanche puis le Conservatoire. J’en suis sorti en 1962 (après 29 mois de service militaire) avec trois premiers prix ; ce qui ne s’est jamais produit chez les comédiens auparavant. Cela est arrivé chez les comédiennes quelques années avant avec Geneviève Casile. Tout cela m’a permis d’être engagé à la Comédie-Française d’où je suis parti très vite pour tourner un film de Jean Giono, que j’aimais beaucoup, qui s’appelle Un roi sans divertissement (1965)...

La Gazette du doublage : Vous aviez donc démissionné du Français ?

Logo Comédie-Française Claude Giraud : J’avais donné ma démission ce qui avait créé de gros problèmes car j’ai eu un devis à payer – ce que j’ai fait – du fait que je suis resté seulement 6 mois ; d’août 1962 à janvier 1963. J’avais demandé à l’Administrateur du Français à l’époque, Maurice Escande, un congé qu’il n’a pas voulu m’accorder et donc je suis parti de la Maison de Molière. Malheureusement, le très beau film de Giono, que je suis très content d’avoir tourné, n’a pas eu le succès espéré malgré le Prix du cinéma de 1964. Du coup, ma carrière au cinéma n’a pas été très florissante. Comme le cinéma est une industrie, si vous tournez un film qui marche, ça va, sinon ça patauge un peu pendant un certain nombre d’années. Comme mon vrai métier c’est le théâtre, j’ai donc fait beaucoup plus de théâtre.

La Gazette du doublage : Vous êtes revenu au Français ?

Claude Giraud : Je suis revenu au Français dix ans après, en 1972. J’en suis parti à nouveau en 1982. J’en ai été Sociétaire...