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IDEES #14
Idées éparses sur quelques films
Par Johannes HONIGMANN


Le mystère le plus profond que propose La neuvième porte est celui-ci : comment un bibliophile et spécialistes des livres anciens peut il feuilleter ceux-ci sans prendre de gants, et avec une cigarette allumée à la main ? L’énigme que pose cette aberration s’épaissit à mesure qu’avance le film, au point de distraire le spectateur de toutes les interrogations plus occultes auxquelles il est pourtant censé s’abandonner.

Le ruban blanc : un héros d’abord excessivement naïf et passif, qui évite soigneusement de poser toutes les questions dont la réponse pourrait fournir une explication et qui refuse de voir ce qu’on lui met sous le nez, se transforme au cours du dernier tiers en un Sherlock Poirot aussi imprévu qu’invraisemblable. Toute la construction du film repose sur le principe artificiel qu’à certains moments clés (tentative de suicide, agression du petit aristocrate), les adultes refusent contre toute logique de demander « pourquoi », « qui » et « depuis quand ». Dans Funny Games au moins, on pouvait accepter le fait que les assassins ne dorment jamais comme faisant partie de l’abstraction assumée de la démonstration.

L’Inspecteur ne renonce jamais : le terroriste en chef s’appelle Bobby Maxwell – comme Robert Maxwell ?

Rambo III : curieux motif musical qui revient souvent, inspiré de la d’Aaron Copland, qui ouvre aussi le 4ème mouvement de sa 3ème symphonie. Un « common man », Rambo ?

L’Imaginarium du Dr. Parnassus ne ressemble guère, contrairement à ce qu’il aurait été possible de croire après examen superficiel de leur concept de base, aux 7 visages du Dr. Lao, ne serait-ce que parce que, contrairement à Pal, Gilliam ne croit pas à la rédemption possible des gens ordinaires, ceux qui n’habitent pas la sphère de la création artistique et se contentent, de bien ou mal, consommer les fruits de l’imagination d’autrui. Le film de Gilliam est peuplé de caricatures faciles et grossières de représentants de la plèbe et de la bourgeoisie, auxquelles s’ajoutent les inévitables méchants Russes, tellement commodes depuis les attentats de New York, Djerba, Madrid, Bali, Londres, Casablanca et Bombay.

Dans le duel final de Scanners, Michael Ironside ressemble remarquablement à Benny Urquidez tel qu’il apparaît dans le combat final de Wheels on Meals.

Le complot qui forme la trame d’Arabesque est particulièrement tiré par les cheveux : puisque la conspiration contre le Premier Ministre comprend jusqu’au secrétaire particulier de celui-ci, quel besoin y avait-il de planifier un attentat à l’étranger, d’employer un sosie, d’organiser un enlèvement ? Dans la vraie vie, un empoisonnement aurait suffi.

La façon dont George Kennedy meurt dans Mirage, en agitant spasmodiquement les jambes et essayant de redresser le buste, se retrouve curieusement, certes très amplifié, à la fin de King of New York, lorsque Victor Argo meurt à la fois d’une crise cardiaque et de deux balles dans le corps.

Beaucoup d’incohérences dans A l’aube du 6ème jour, mais celle qui personnellement me donne le plus à réfléchir : puisque le clone parfait du méchant a besoin de lunettes, comment se fait-il que le clone imparfait puisse très bien s’en passer ?

Le point commun entre ces deux derniers films, le Ferrara et le Spottiswoode : d’excellentes séquences d’action au début et un relâchement très net à la fin. La première fusillade de King of New York est tellement mieux chorégraphiée, et la première poursuite d’A l’aube du 6ème jour, tellement mieux découpée et montée, que les autres, qu’on jurerait que l’équipe respective a changé en cours de tournage.

Le plus énervant dans Avatar ce n’est pas la nullité du scénario en tant que tel, mais le fait que, près de quarante ans plus tard, on nous resserve une nouvelle fois une thématique à la Little Big Man et Un homme nommé cheval. Parcours et conversion de Leopold Weiss.

Et pour finir : le patient entièrement plâtré et dont seul l’orifice buccal est visible du Locataire (1976) sort tout droit de Catch 22, le roman de Joseph Heller, et se retrouve par conséquent à l’identique dans l’adaptation signée Mike Nichols, datant de 1970. Brach et Polanski ont-ils reconnu leur dette ? Ce n’est pas une question rhétorique.






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